Des organisations citoyennes annoncent une nouvelle marche contre le pouvoir en place
Des organisations et personnalités à l’initiative du mouvement «Mache pou Lavi » et la Commission protestante contre la dictature en Haïti ont lancé, mardi 23 février, un appel à une marche pacifique pour le dimanche 28 février prochain.
Au nom des valeurs universelles de solidarité, des droits de l’homme, de la démocratie, plusieurs pasteurs, dont Ernst Pierre Vincent, Gérard Forges et Gerald Bataille demandent aux démocrates-chrétiens, aux intellectuels, aux universitaires, aux célébrités, aux organisations de femmes, aux ouvriers et de syndicats du monde entier de former un mur de solidarité avec le peuple haïtien afin d’exiger aux dirigeants des grandes nations de cesser leur soutien à la dictature en Haïti.
Le pasteur Gerald Bataille tire la sonnette d’alarme sur la situation difficile que traverse actuellement le pays et sollicite une sortie de crise. Il se dit être du côté de la Constitution, et rappelle à Jovenel Moise que son mandat a bel et bien pris fin depuis le 7 février 2021.
Pasteur Gerald Bataille fonde son argumentation selon les dispositions de l’article 134-2 de la Constitution. Selon lui, c’est de manière arbitraire que les partisans du président décident que son mandat débute le jour de la prestation de serment et non dans l’année de son élection, comme le prescrit la loi mère de la République.
Robinson Pierre Louis, secrétaire général de la Fédération des barreaux d’Haïti a rappelé qu’en janvier 2020, le président de la République avait décidé que le mandat de sénateurs élus pour six ans était arrivé à terme, quatre ans après, en se référant au même principe défini par l’article 134-2 de la Constitution le président refuse de l’appliquer pour lui-même.
D’après l’homme de loi, Jovenel Moise viole le principe de l’égalité des citoyens devant la loi, consacrée par l’article 18 de la Constitution de 1987, ce qui traduit clairement son désir de rester au pouvoir envers et contre tous. Cet accroc à nos lois républicaines, selon le secrétaire du Barreau de Port-Au-Prince, n’est qu’un cas parmi d’autres violations de la Constitution dont il s’est rendu coupable.
Depuis qu’il a mis à l’écart le Parlement, le président de la République a dirigé le pays par décret. L’avocat a souligné que le pouvoir confisque à lui seul la souveraineté nationale et légifère à sa guise, en ignorant du coup la séparation des pouvoirs consacrée par la Constitution de 1987 en son article 58 qui précise que : « la souveraineté nationale réside dans l’universalité des citoyens, mais elle en délègue l’exercice aux trois pouvoirs de l’État ».
Gerard Hirsh Resil
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