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Le GARR honore les mères déplacées

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À l’occasion de la fête des Mères, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) a visité plusieurs camps de déplacés, dont celui situé dans les locaux de l’organisation « Pèp kap lite » (OPL), le dimanche 25 mai 2025. Objectif, honorer les femmes mères déplacées vivant dans des conditions précaires.

En effet, environ une centaine de femmes ont reçu des bouquets de fleurs offerts par les responsables du GARR. Touchées par ce geste symbolique, ces citoyennes ont exprimé leur gratitude à la structure pour avoir pensé à elles à l’occasion de cette fête. Toutefois, elles en ont également profité pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie dans les camps.

« Nous vivons ici dans une situation extrêmement difficile. Dormir et manger sont devenus des fardeaux, surtout quand il pleut. Les tirs constants troublent nos nuits. Dans les locaux de l’OPL, nos tentes ne résistent pas aux projectiles. Nos vies sont pénibles. Mais nous sommes heureuses que cette organisation ait pensé à nous, les mamans vulnérables qui peinent à nourrir leurs enfants. Ce bouquet a une grande valeur à nos yeux. Nous l'apprécions profondément », ont-elles témoigné.

Des cas de choléra ont également été signalés sur le site. Selon ces femmes, l’environnement est humide, insalubre, et ne leur permet aucune intimité, même pour satisfaire leurs besoins naturels. « Notre situation est terriblement compliquée », ont-elles ajouté.

De son côté, la coordinatrice du GARR a souligné que ces femmes ont tout perdu, leurs maisons, leurs biens, leur sécurité. « Là où elles vivent aujourd’hui, elles n’ont même pas d’espace intime pour dormir ou préparer à manger. Elles traversent une période extrêmement difficile », a-t-elle indiqué.

La militante des droits des migrants a également précisé que la revendication principale de ces mères reste leur retour chez elles. « Même si leurs maisons ont été incendiées et pillées, elles refusent de continuer à vivre dans ces conditions inhumaines. »

Elle appelle les autorités haïtiennes à assumer pleinement leurs responsabilités. « Ces femmes déplacées ne doivent pas être soutenues uniquement lors des occasions spéciales. Elles vivent dans des lieux exposés à toutes sortes de violences, sans sécurité ni abri en cas de tirs. L’État doit rétablir la sécurité sur tout le territoire pour permettre à ces familles de retourner dans leurs quartiers d’origine et de reconstruire leurs vies. »

Par ailleurs, la coordonnatrice du GARR a attiré l’attention sur la situation alarmante des femmes haïtiennes rapatriées de la République dominicaine dans des conditions inhumaines. Certaines ont été expulsées juste après avoir accouché ou subi une césarienne, d’autres ont été séparées de leurs enfants.

Face à ces violations, Mme Bonté exhorte le ministre des Affaires étrangères, M. Jean Victoire Harvel, à engager un dialogue responsable avec les autorités dominicaines afin de faire respecter la dignité des femmes haïtiennes, souvent humiliées lors de leur rapatriement.

Yasmine Sanon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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