Crise migratoire: GARR appelle à la protection des migrants haïtiens en République dominicaine
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Lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi 14 mai 2025 à Port-au-Prince, le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a dénoncé la situation alarmante des femmes et des filles migrantes en République Dominicaine, notamment celles vivant dans des camps de fortune. Dans ce contexte, le GARR recommande aux autorités haïtiennes d’assumer leur responsabilité envers ces personnes.
La situation des femmes rapatriées semble particulièrement difficile dans le pays voisin et à la frontière haïtienne, selon la coordinatrice du GARR, Katia Bonté, qui a dénoncé les actes de racisme subis par les citoyens haïtiens en République Dominicaine. À cet égard, elle a rappelé dans son intervention la mort de Loudia Jean-Pierre, une jeune femme de 32 ans décédée le 9 mai dernier dans sa résidence, alors qu'elle était prête à accoucher. Elle n’a pas pu se rendre à l'hôpital de peur d’être arrêtée par les agents de l'immigration. Malgré la mort de cette femme, les agents d'immigration ont expédié son mari et son bébé en Haïti.
Elle a également critiqué la violence sexuelle subie par les femmes et les filles à la frontière, notamment par des agents de l’immigration. « Les agents d'immigration ont violé une adolescente dans la matinée du 5 avril 2024 lors d'une opération de rapatriement. Ils ont également violé une autre femme dans un bureau d'immigration devant son petit garçon de 4 ans», a-t-elle ajouté.
Parallèlement, le responsable de la communauté de la structure Sam Guillaume a fait savoir que le GARR a recensé, pour le mois d'avril, 23 123 cas de rapatriement, dont 15 934 hommes, 5 426 femmes, 824 fillettes et 934 garçons. Ces personnes ont été rapatriées dans plusieurs zones frontalières, telles que Ouanaminthe, Belladère, Anse-à-Pitre et Malpasse.
En outre, M. Guillaume a affirmé que l'organisation, dans son bureau de Belladère, a pu assister environ 2 000 rapatriés pour le mois d'avril, parmi lesquels 631 femmes, 2 020 hommes, 116 garçons et 98 petites filles, répartis en différentes tranches d’âge. Leur situation nécessite une assistance, bien que les ressources de l’organisation soient limitées.
D’autres chiffres concernent 68 femmes enceintes, dont 56 ont entre 18 et 25 ans, et trois autres ont entre 10 et 17 ans. Parmi les migrants, 94 personnes à mobilité réduite ont été recensées, hommes et femmes confondus. Chaque famille rapatriée a au moins un enfant, et 189 femmes accompagnent leur(s) enfant(s). 30 autres femmes n’étaient pas accompagnées de leurs parents.
« Comme le montrent ces chiffres, la situation dépasse notre capacité d'accueil à Belladère, qui est vraiment encombrée par les citoyens rapatriés», a déclaré le responsable.
Les responsables recommandent aux autorités étatiques d’assumer leur responsabilité envers les femmes haïtiennes, qu’elles soient en Haïti ou en République Dominicaine, et d’assurer un accueil digne des migrants haïtiens aux frontières, tout en garantissant leur retour chez eux en toute sécurité.
Le GARR exhorte les dirigeants haïtiens à rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire et à créer les conditions minimales permettant à la population de vivre dignement, afin d’éviter qu’elle ne quitte le pays. Il appelle par ailleurs à l’ouverture d’un dialogue avec les autorités dominicaines concernant la situation des migrants haïtiens.
Yasmine Sanon
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