La dette de l’Indépendance: un frein historique pour le développement d’Haïti
17 avril 1825 - 17 avril 2025 deux siècles après l’imposition de la dette de l’indépendance par la France à Haïti, la question des réparations reste entière. En ce 17 avril, date hautement symbolique, des voix s’élèvent pour exiger justice. Les sociologues Delson Cius et Willy Jean-Louis interpellent la France et plaident en faveur d’une réparation historique, économique et morale. Pour eux, cette dette a contribué au sous-développement du pays et sa restitution pourrait ouvrir la voie à un redémarrage national.
Pour le sociologue Willy Jean-Louis, cette ordonnance n’a rien d’un simple accord diplomatique. Il parle plutôt d’une rançon de l’indépendance, une soumission imposée par la force qui a anéanti le projet révolutionnaire haïtien. Selon lui, employer le mot « dette » est une erreur historique et symbolique « Utiliser ce terme, c’est conforter le discours du colon. Il n’y avait pas de dette. Une nation victorieuse ne doit rien à l’ancienne puissance coloniale. », a-t-il martelé.
Toujours selon Willy Jean-Louis, cette rançon marque un second asservissement, cette fois financier. Pour se libérer une seconde fois, Haïti a été contrainte de payer. Il rappelle que la France n’a jamais pardonné à Haïti l’humiliation subie après dix ans de guerre, entre 1793 et 1803, et surtout la perte d’un empire esclavagiste florissant. En 1789, Saint-Domingue assurait 75 % de la production mondiale de sucre. L’indépendance haïtienne a ainsi ébranlé les fondements du capitalisme colonial français, dit-il.
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