Des magistrats inquiets suite aux déclarations du Premier ministre Joseph Jouthe
Suite aux déclarations du Premier ministre Joseph Jouthe lors de sa présentation au cabinet d’instruction au moment pendant la grève les juges, le Réseau national des magistrats haïtiens (RENAMAH) a exprimé ses préoccupations. Pour ces magistrats, le chef du gouvernement veut mettre la justice en face de l’opinion publique.
Pour le Réseau national des magistrats haïtiens (RENAMAH), le Premier ministre Joseph Jouthe, par ses propos désobligeants, a voulu dresser l’opinion publique contre la justice. Pour le RENAMAH, ces propos témoignent tout le mépris de l’administration Moise / Jouthe envers la justice haïtienne. « Ces manipulations éhontées n’ont que la vertu d’avilir leur auteur et leur complice », a indiqué l’association.
Le RENAMAH a souligné que Joseph Jouthe s’est présenté lui-même au cabinet d’instruction, sans avoir préalablement confirmé sa présence à cet effet et à un moment où les juges, tous rangs et grades confondus, observaient un arrêt de travail. Suivant l’association, le chef du gouvernement a profité de sa présence au Palais de justice de Port-au-Prince pour invectiver les juges de la justice en des propos indignes d’un citoyen devenu le troisième personnage de l’État.
Les juges se demandent comment un Premier ministre signataire de décrets violant toutes les normes en vigueur dans la République peut-il vouloir s’en prendre aux juges, qui observent un arrêt de travail illimité pour obliger le Pouvoir, dont il est le deuxième personnage, à respecter la Constitution et les lois républicaines.
L’OPC se fait complice de la démarche du Premier ministre
Le RENAMAH se montre choqué du fait que le Premier ministre, dans requête de mise à mort de la justice, trouve un étonnant complice en la personne du protecteur du citoyen, Renan Hédouville. Pour le RENAMAH, le protecteur des droits ferait mieux de rappeler l’Exécutif au respect des normes légales et constitutionnelles de la République au lieu de prendre pour cible les magistrats dont le seul crime est d’avoir observé un arrêt de travail pour une cause juste et légale. « Lorsque, dans un État de droit, le protecteur des droits s’en prend à la justice et aux juges ; il y a lieu de s’inquiéter de la nature de ce qui se trame contre le peuple et la démocratie », a paraphé le juge Jean Frédéric Bénêche.
Face à ces interventions qui mettent la vie des magistrats en danger, le RENAMAH invite les uns et les autres à prendre les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité ainsi que la protection de leur famille.
Woovins St Phard
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