Et les actes de kidnapping continuent...
Au moins 3 cas de kidnapping ont été enregistrés dans la journée du 2 mars dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Cette recrudescence de cas survient 24 heures après que le Gouvernement ait annoncé la création d’une cellule anti-enlèvement qui sera placée sous le contrôle de la Police nationale d’Haïti (PNH).
Dans son 76e rapport d’observation de la violence et de la criminalité dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince présenté en décembre dernier, la Commission épiscopale nationale justice et paix (CE-JILAP) avait indiqué que la zone métropolitaine de Port-au-Prince reste « l’endroit le plus dangereux du pays… ». En ce 3 mars 2021, la situation semble empirer, surtout avec la montée en force des actes de kidnapping dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Les citoyens se retrouvent avec la peur au ventre à la vue de véhicules de vitres teintées qui s’approchent d’eux. En effet, cela leur rappelle l’un des éléments dans le mode opératoire des ravisseurs.
Alors que le gouvernement en place a annoncé, lundi 1er mars, certaines mesures comme la création d’une cellule anti-enlèvement, pas moins de trois cas ont été enregistrés dans la capitale haïtienne. Alix Clément, époux de la ministre de la Santé publique et de la Population, a été enlevé parmi ces trois personnes. Si plusieurs cas ont été signalés à la presse et à la Police, certains autres ne le sont pas. D’autant que les autorités policières refusent souvent de communiquer les chiffres à ce sujet.
À chaque fois qu’un citoyen est enlevé, ses proches organisent des mouvements isolés de protestation. Ce mercredi, la route de l’aéroport, au niveau de Village Solidarité, a été en ébullition et la circulation paralysée. Des riverains protestaient sur la base de certaines informations laissant croire que « commandant Gabo », un policier, a été kidnappé. Selon certains protestataires, il a été emmené au Village de Dieu. D’après ce qu’a fait savoir une source au journal, le policier a été touché par balle à la rue Macajoux, Port-au-Prince, alors qu’il revenait de la banque.
« Si l la fè nou jwenn kò a, si l pa la, fè nou jwenn kò a », a fait savoir un protestataire qui plaide pour la libération de l’agent qui fait partie de l’Unité de sécurité du Palais national (USGPN). « Menm jan gouvènman te degajel kou mèt Jan Jak , yo al chache Dominiken yo, jodi a se pou yo degaje yo al chache Gabo », a fait savoir un autre citoyen précisant à la Télévision Pacific qui a été en direct, que « Gabo » est important pour « Village Solidarité ».
Impliquée dans les négociations ayant porté à la libération des deux ressortissants dominicains et du jeune haïtien, le journal a tenté de joindre par téléphone ce mercredi, l’un des membres de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), mais cela a été sans succès.
Jean Marc Condestin, propriétaire d’une pompe à essence se trouvant à Mariani a été enlevé, dans son entreprise, dans la soirée du dimanche 28 février 2021. Afin d’exiger sa libération, des véhicules ont été mis en croix, lundi, sur la Nationale numéro deux en guise de protestation. Toujours dans le but d’exiger sa libération, le président de l’Association nationale des propriétaires des stations d’essence (ANAPROSS), Marc André Dériphonse, a annoncé ce mercredi la fermeture des pompes faisant partie du réseau de l’association. Ce, qui a causé une forte affluence dans certaines pompes au cours de la journée.
Au matin du dimanche 28 février, avant la marche contre le kidnapping, le docteur Ernst Pady a été assassiné. Des professionnels de la santé ont exprimé leur mécontentement tout en condamnant le climat d’insécurité dans le pays. « En signe de protestation, la fondation Saint-Luc annonce au grand public que l’hôpital Saint-Luc observe un arrêt symbolique de travail le mercredi 3 mars 2021. En effet, les services ambulatoires seront fermés. Toutefois, un noyau d’urgence sera disponible pour l’assistance aux cas graves », avait fait savoir la Fondation en début de semaine tout en exigeant des autorités la garantie d’un climat sain au profit de la société.
L’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique, Himmler Rébu, lors d’un entretien avec le journal a déclaré que: « pour résoudre le problème de sécurité dans le pays, il faut aller à la source ».
Wisly Bernard Jean-Baptiste
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.