A Kenscoff, les victimes de l'insécurité vivent l'enfer dans les camps de fortune
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Depuis les attaques des gangs contre la commune de Kenscoff, paniqués, plusieurs centaines de citoyens ont été contraints de s'abriter dans des camps de fortune. A travers ces espaces souvent inappropriés, les victimes font face à une pénurie d'eau, d'aliments et parallèlement, ils sont incapables de s'endormir la nuit en raison du froid.
Garriado Estimé, brigadier de la protection civile dans la commune, dresse un tableau sombre concernant les mauvais traitements que subissent les habitants, suite à leur présence dans les camps des déplacés. Les zones les plus touchées par ces actes de violence sont Kafou Bèt, Bongard, Nan Panyòl, Gode, Belo, Kavri. Jusqu'àu début de cette semaine, les rafales de tirs et la peur des balles perdues ont obligé plusieurs dizaines de citoyens de certains quartiers à fuir leurs domiciles pour s'échapper de la terreur de ces hommes armés qui effacent tout ce qu'ils trouvent sur leur route, a expliqué le jeune Kenscovite à ma rédaction du Quotidien Le National. Sans avoir un chiffre clair en tête, le jeune birgadier de la DGPC a fait savoir qu'il s'agit de plusieurs centaines de victimes qui se sont désormais regroupés dans des établissements scolaires, dans des espaces d'église et des maisons d'accueil de ladite commune.
L' accès aux besoins de base, un grand défi
Ecartés involontairement de leurs maisons, des citoyens de la commune sont incapables de s'endormir paisiblement. Ils prennent refuge dans des établissements, scolaires ou d'église, rares sont ceux qui trouvent abri dans des maisons d'accueil. A l'Ecole nationale de Furcy et dans d'autres espaces servant d'abris aux victimes, des femmes enceintes et des enfants passent la nuit sur le sol, dépourvus de bons vêtements ou d'étoffes de laines, ils sont exposés directement au froid.
Concernant l'alimentation et l'accès à l'eau potable, les organisations humanitaires n'ont pas encore accordé une assistance considérable aux victimes. Garriado explique que la Direction Nationale de l'Eau Potable (DINEPA) a décidé de prendre en charge la disponibilité en eau pour les victimes. Cependant, il y a toujours une certaine rareté vu la conjoncture et l'irresponsabilité des dirigeants de l'Etat, ajoute t-il. Plus loin, il y a l'accès à la nourriture, aux soins de santé et hygiénique qui constituent un casse-tête pour ces personnes, majoritairement des paysans qui autrefois vivaient au jour le jour de l'agriculture ou de l'élevage. Jeanine (nom d'emprunt), une victime qui a voulu garder l'anonymat, se dit regrette de sa situation. «Les plats chauds qu'on nous donne ici ne sont pas à notre goût. Nous ne sommes pas habitués à l'assistanat, tout ce que nous voulons en ce moment, c'est de pouvoir retourner chez nous», raconte t-elle!
Plus d’une dizaine d'enfants tués lors des attaques
Selon la fondation Zanmi Timoun, les attaques perpétrées par les gangs contre les habitants de Kenscoff ont causé la mort à plus d'une dizaine d'enfants. Manoach Presna, la responsable des programmes, a dans une note condamné ces actes de violence qu'elle qualifie l'insupportable au droit à la vie et à la protection. «L’assassinat d’enfants, sans défense, constitue une violation flagrante de leurs droits fondamentaux et un crime contre l’humanité qui ne saurait rester impuni. La Fondation « Zanmi Timoun » en tant qu’avant-gardiste des droits de l’Enfant, condamne avec la plus grande rigueur cette atrocité et exhorte les autorités compétentes à prendre des mesures immédiates et efficaces afin d’identifier et de traduire en justice les auteurs, co-auteurs et complices de ces crimes ignobles».
En ce sens, La Fondation « Zanmi Timoun » appelle la communauté nationale et internationale à des mesures pour protéger les enfants haïtiens et garantir leur droit fondamental à la vie, à la sécurité, au bien-être et à la dignité. Les responsables de la Fondation ont aussi lancé un appel à la société civile organisée à faire front commun pour la sauvegarde des libertés publiques et pour le retour à la normalité institutionnelle, condition sine qua none pour la protection des enfants en Haïti.
De son côté, le gouvernement a annoncé le renforcement des opérations policières, accompagné de la force multinationale dans la commune. Ce dimanche, la Police a repoussé une attaque des gangs qui visait le centre de la commune. Cependant, à Belot, Bongard et d'autres endroits stratégiques de cette juridiction, les hommes de la coalition Viv Ansanm ont posé leur siège et sème la pagaille jour et nuit.
Oberde Charles
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