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Crise de carburant:l’économie du pays risque une décroissance accélérée

Crise de carburant:l’économie du pays risque une décroissance accélérée

Les entreprises privées, les banques les institutions publiques sont encore fermées en cette troisième journée de grève et les activités du secteur informel sont au ralenti. Ce débrayage lancé par les syndicats du transport public depuis le 25 octobre, en réaction à l’indisponibilité du carburant dans les stations à essence est respecté par l’ensemble de la population, obligée de rester à la maison; les gangs armés faisant barrage aux chauffeurs des camions-citernes qui doivent assurer le transport des produits pétroliers pour distribution. L’économiste Eddy Labossiere, lors d’une interview avec Le National ce 27 octobre, a fait savoir que cette situation va faire baisser le Produit intérieur brut qui indique déjà la décroissance de l’économie du pays.

« Le carburant est un produit transversal utilisé par tous », fait savoir Eddy Labossière qui énumère du même coup les conséquences de la pénurie des produits pétroliers sur l’économie nationale. Les premiers touchés par cette crise aiguë sont donc les consommateurs et les producteurs. Les entreprises ferment leurs portes augmentant le taux de chômage dans le pays. « Si les consommateurs ne travaillent pas, ils n’ont pas de revenus et en conséquence, ils ne consomment pas, de même, la Direction générale des impôts ne pourra pas non plus percevoir les impôts sur le revenu et ne fera pas recette du sur le plan macro, détaille l’économiste.

Des entrepreneurs vont aussi s’installer et investir en République dominicaine, rendant l’ile voisine plus riche au détriment du pays. En gros, le PIB du pays va encore chuter pour la4e année consécutive et l’inflation, déjà à14 %, va aussi augmenter vu l’absence de production ; et la dépréciation de la gourde va empirer.

Selon Eddy Labossière, cette situation est due à l’irresponsabilité des dirigeants politiques depuis 1986, après la période dictatoriale de Jean Claude Duvalier. « Les autorités auraient dû prévoir au moins trois terminaux de stockage de produits pétroliers pas seulement à Port-au-Prince, mais aussi dans le Grand Nord et le Grand Sud », estime l’économiste qui pense également que les autorités n’ont pas profité de l’argent du fonds Pétrocaribe pour réaliser un tel projet. A chaque fois, c’est un petit bateau d’environ 250 mille barils qu’Haïti commande à chaque fois, alors que les autorités pourraient penser à construire une réserve de carburant qui pourrait durer 12 mois.

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