« Le pays n’est plus dirigé », selon la Conférence haïtienne des religieux
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Aucune décision sérieuse n’a été prise pour alléger les souffrances du peuple haïtien contre les attaques de tous bords, la population est aux abois et le pays n’est plus dirigé. En effet, c’est ce qu’a fait savoir, entre autres, la Conférence haïtienne des religieux (CHR) dans une lettre ouverte adressée au président de la République.
À l’instar de la Conférence des évêques d’Haïti (CEH) le 2 février 2021, la Conférence haïtienne des religieux (CHR) s’est prononcée sur la situation actuelle du pays à travers une lettre ouverte adressée à Jovenel Moïse. Leur position n’est pas trop différente de celle de la CEH. D’après la CHR, M. Moïse a une part de responsabilité dans la descente aux enfers du pays et doit apporter des réponses concrètes et célères en respectant lois de la République.
« Le pays se meurt, la population est aux abois, l’insécurité est galopante, les pauvres n’en peuvent plus, la population est dans un désarroi qui frise le désespoir, le pays n’est plus dirigé. Nous sommes à la fois témoins et victimes de trop de crimes, trop d’injustice et d’inégalités. Face à cet état de fait, face au constant processus de déshumanisation de tout un peuple, vous ne saurez être un spectateur de plus », a fait savoir la CHR, à M. Moïse.
À travers cette lettre, datant du 8 mars portant la signature du président de la CHR, Éric Jasmin, il a été noté qu’« aucune décision sérieuse n’a été prise pour alléger les souffrances du peuple ni pour le protéger contre les assauts de tous bords ». D’après la CHR, la seule chose qui semble intéresser M. Moïse, c’est « de boucler à tout prix un soi-disant mandat au grand mépris des revendications ô combien légitimes de tout un peuple ».
D’un autre côté, les religieux ont laissé entendre qu’ils sont témoins de la misère du peuple haïtien et M. Moïse semble ignorer cette misère. « Il faut que quelque chose change ici et que les pauvres de toute sorte se reprennent à espérer », avait fait savoir le feu pape Jean-Paul II lors de sa visite en Haïti en 1983. Pour la CHR, 38 années après, « les germes de mort semblent l’emporter aujourd’hui sur les germes de vie ».
En plus, les religieux se posent bien des interrogations sur la teneur du mandat de M. Moïse. « À quoi cela sert-il de s’accrocher au pouvoir de façon même illégitime ou illégale quand plus de la moitié de sa population vit dans l’insécurité alimentaire chronique ? Pourquoi vouloir à tout prix prolonger ou terminer un semblant de mandat sans pouvoir garantir la sécurité des vies et des biens, la libre circulation des personnes ? À quoi sert un président ou un gouvernement incapable de stopper le train de la mort qui sème le deuil au sein de la population au quotidien ».
Faut-il rappeler que dans sa note, la CEH avait demandé au président de la République de se soumettre aux mêmes principes constitutionnels qu’il avait appliqués pour les députés et les sénateurs en janvier 2020.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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