Ronald Gabriel, le gouverneur de la BRH, appelle à des mesures pour garantir la croissance économique en Haïti
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Les difficultés économiques d'Haïti dont les contractions au niveau du PIB et de la balance commerciale ne datent pas de ces cinq dernières années, a précisé M. Ronald Gabriel, gouverneur de la Banque Centrale lors de sa deuxième participation à l'émission les Grands Rendez-vous économique 2025, animé par Kesner Pharel. L'économiste a profité de son passage à l'émission pour inviter les acteurs à revisiter leurs modèles de croissance, en prenant en compte certains secteurs d'activité qui peuvent contribuer au développement mais aussi en matière de politique publique, d'investir dans des secteurs qui peuvent générer une croissance inclusive dans l'économie haïtienne.
En tant que gouverneur de la Banque centrale, M. Ronald Gabriel fait un retour sur sa mission à la tête de cette prestigieuse institution qui a récemment fêté ses 45 ans. « Le mandat de la Banque Centrale, selon la loi de 1979 est surtout axé sur la stabilité du système financier, la stabilité des prix, dont le change de la monnaie mais aussi participer à des conditions qui peuvent favoriser la croissance économique et la création d'emploi.» Parallèlement face aux pressions inflationnistes liées aux troubles internes et externes qui perturbent l'économie haïtienne, le gouverneur rappelle que la BRH peut toujours réagir, dans le cadre de sa mission afin d'assurer la stabilité des prix face aux chocs.
Lutter contre l'inflation en Haïti
Dans sa mise en contexte, le gouvernement de la Banque Centrale fait référence à une économie haïtienne qui dans sa conjoncture macro-économique qui est marquée par des croissances économiques négatives, qui entretient la pauvreté et qui alimente davantage le cycle de la violence dans le pays. Pour M. Ronald Gabriel, les pressions inflationnistes en Haïti sont surtout occasionnées par des chocs d'offre et non des expansions monétaires faites par la Banque Centrale. « Les coûts des transports, les coûts d'approvisionnement, le manque de mobilité des personnes, des facteurs et des biens sont des éléments qui ont influencé cette situation inflationniste», a-t-il souligné. En outre, il faut noter que l'inflation a considérablement augmenté en Haïti ces dernières années, en raison des troubles sociopolitiques et sécuritaires. Elle a grimpé de plus de 30% entre 2023 et 2024.
Parallèlement, le gouverneur a souligné que dans ses actions, la BRH contribue au renforcement du capital humain, en vue de permettre à la population active du pays de participer à la création de richesses pour qu'il soit capable de trouver un emploi ou du moins investir dans des activités génératrices de revenus. En ce sens, pour revenir à la mission de la Banque Centrale qui vise la stabilité des prix, il faut aborder en profondeur la question du chômage, dit-il!
Des mesures pour une croissance inclusive en Haïti
La Banque Centrale a mis en œuvre un ensemble de programme pour accompagner des Petites et moyennes entreprises (PME), dans l’objectif de combattre le chômage et encourager la production dans le pays. le gouverneur, Ronald Gabriel a fait mention du sous projet du programme Booster PME, une initiative créée pour le renforcement du financement agricole en Haïti (CNFA), vise essentiellement à accompagner les femmes en termes de financement, de formation en éducation financière, en entrepreneuriat ainsi qu’à la mise en place d’un fonds de garantie partielle de crédit.
par rapport aux chocs naturels, politiques qui entravent l'économie haïtienne durant ces dernières années et qui affectent le niveau de la balance commerciale et le budget de la République dont une sixième année de croissance économique a été enregistrée durant l’exercice 2023-2024. Néanmoins, Ronald Gabriel appelle à une réflexion profonde des acteurs sur des mesures pouvant garantir l'équilibre au sein de l'économie haïtienne. « Il y a des choix qu’on devrait réviser, que ce soit par rapport aux modèles de croissance aux secteurs sur lesquels on doit baser notre stratégie de croissance. Ainsi, que ce que la politique publique peut apporter en matière d’investissement dans des secteurs, afin d’alimenter des chaînes de valeurs ou l’accumulation de richesses doit se faire au niveau local. De 2015 à nos jours, nous avons injecté près de 19 milliards de gourdes pour financer des secteurs, tels que l'hôtellerie, l’immobilier, l’agriculture et même les comptes à recevoir de certains exportateurs», a fait savoir le gouverneur.
Concernant les perspectives pour 2025, la Banque centrale haïtienne dans sa politique monétaire interpelle les acteurs économiques à réfléchir sur le mode de fonctionnement de l'économie mais aussi sur la diversification des partenaires commerciaux pour un équilibre dans les transactions au niveau de la balance commerciale. Pour sa croissance, le pays doit en effet compter sur ses exportations, ses partenaires, sa production mais surtout un climat de stabilité qui peut garantir le bon fonctionnement des activités économiques, a confié M. Gabriel.
Oberde Charles
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