Haïti/ Fêtes de fin d'année
Se rendre dans les villes de province, un grand défi pour les usagers de la voie terrestre
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Depuis environ trois années, le nombre des usagers qui fréquentent les différentes routes nationales a considérablement baissé. La route nationale # 1 qui relie la capitale et les départements du Nord et de l'Artibonite est presque impraticable, pareille pour la Nationale # 2 qui conduit vers le grand Sud du pays. Pour cette période des fêtes de fin d'année, aller dans les campagnes en Haïti, se rendre dans les villes de province, demeure un casse-tête, un grand défi pour les usagers de la voie terrestre, qui doivent faire face à des obstacles divers.
Duclos Benissoit, syndicaliste du transport en Commun, présente un tableau sombre de la situation des transporteurs en Haïti, surtout pour le voyage interdépartemental «Concernant les transports au niveau local, les trajets sont assez réguliers au niveau des communes. Pour l’instant dans l’Artibonite, il y a un grand ralenti à cause les opérations policières qui se sont intensifiées dans ce département depuis plusieurs jours. Vu l'état des routes et les hommes armés qui se regroupent sur les routes, c’est un secteur d’activité qui dépasse totalement les autorités haïtiennes. Des usagers ont été soumis à la loi des gangs pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles ou pour ne pas rester au chômage», a confié le coordonnateur du Mouvement Unifié des Transporteurs Haïtiens (MUTH).
Les principaux axes routiers du pays, livrés aux groupes armés
Pour cette période de fin d’année, rien n’a changé dans la réalité des routes nationales en Haïti qui sont depuis tantôt trois ans, ne sont plus sous la commande des autorités gouvernementales. Les postes de péage établis par les groupes armés sont toujours fonctionnels, dans certaines régions, les routes sont totalement inaccessibles. Certains sont coupées ou totalement occupées par les caïds qui exercent de la violence sur les usagers durant leur passage. Le syndicaliste Duclos Benissoit parle d’une population abandonnée, livrée à elle-même où les autorités compétentes abandonnent les plus grands axes routiers du pays entre les mains d’un secteur mafieux, qui tue progressivement les espoirs du peuple Haïtien, son économie et tout ce qui pourrait lui servir de tradition.
Junior, un jeune professionnel qui s'est rendu aux Gonaïves cette semaine explique les obstacles qu’il a vécus pour pouvoir se rendre dans la cité de l’indépendance. «J’ai souvent entendu parler des hommes armés qui occupent nos routes, c'était la toute première fois que je les ai vus de mes propres yeux. C’etait une expérience assez effrayante. Autrefois, c'était au Carrefour de l’aéroport que je devais attendre l’autobus, maintenant ce n’est plus le cas. Je dois payer une compagnie de transport qui a été contrainte de négocier avec les hommes armés qui assiègent la route, men dépit de tout cela, le conducteur doit s’arrêter au niveau de deux postes de péage pour donner un frais aux caïds qui occupent la route. La compagnie à son tour, doit payer un montant assez élevé à la fin de chaque semaine,» révèle t-il, suivant ce qu’un autre passager lui a rapporté.
La mauvaise infrastructure des routes, un danger pour les passages et les chauffeurs
Braver le danger pour se rendre dans une ville de province durant cette période de fête n’est pas seulement lié au risque d’insécurité lié à la violence des hommes armés, c’est aussi des routes périlleuses où l’on frôle la mort. Junior raconte que son trajet, de Port-au-Prince aux Gonaïves, lui a valu plus d’une demi-journée. Ayant laissé Port-au-Prince, l'autobus a traversé le département de l’Ouest, pour se rendre dans le Centre, ensuite dans l’Artibonite. Une déviation assez fatiguante pour les passagers qui autrefois avaient habitué à 2 heures ou 3 heures de temps de voyage, lorsque le transport des automobiles était complètement garanti sur la nationale #1. Comme conséquence, ce nouveau trajet augmente les risques d’accident de circulation. Junior parle de la route qui conduit à Saint-Michel de Latalaye qui n’est pas dutout approprié pour ces types de voyage. Il s’inquiète énormément pour des potentiels cas d’accident que peuvent faire face les usagers de cette route!
De son conté, le coordonnateur du MUTH, Duclos Benissoit croit que des mesures urgentes sont nécessaires pour répondre aux besoins de la population haïtienne, dans ce contexte de crise. «le bilan est lourd pour le secteur du transport en commun, cette année. Le prix de tous les trajets ont augmenté alors que l’etat les routes est de plus en plus mauvais. En conséquence, d’autres secteurs, tels le secteur aerien et maritime profitent de la crise pour augmenter leurs tarifs. On a besoin de plus de 100 dollars pour se rendre dans n’importe quel département du pays», a lancé M. Benissoit, qui appelle à une prise de conscience pour combattre l’insécurité et éliminer le grand banditisme qui s'abat dans le pays. En ce sens, il explique que le mauvais fonctionnement du secteur du transport est l’une des causes ayant influencé le plus, l’inflation au niveau local durant ces dernières, à travers les postes de péage et la forte augmentation des coûts des trajets.
Oberde Charles
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