Année fiscale 2024-2025 : les deux premiers mois marqués par l’insécurité et l’aggravation des conditions de vie de la population
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Suite à une sixième année de croissance négative enregistrée dans l’économie haïtienne, deux mois après le lancement du nouvel exercice fiscal 2024-2025, les conditions de vie de la population ne cessent de s’aggraver. En matière de sécurité, les efforts déployés par les autorités concernées sont jusqu’à présents insignifiants, les programmes d’assistance sociale pour accompagner les personnes victimes de l’insécurité n’arrivent pas à combler les attentes des personnes affectées qui vivent désespérément dans des camps de fortune ou dans des foyers d’accueil, soit à Port-au-Prince ou dans les villes de province.
Le budget adopté par le Conseil présidentiel de Transition (CPT) et le gouvernement dirigé par l’ancien Premier ministre Garry Conille n’a encore produit aucun résultat concret en faveur de la population haïtienne. Entre octobre-novembre, les perturbations politiques entre les dirigeants au plus haut sommet de l’Etat ont empêché la prise de certaines décisions qui pourraient aider à l’amélioration des conditions de vie de la population.
Au niveau de la Direction générale des Impôts (DGI), entre la fin du mois de septembre et commencement d’octobre, un mouvement de grève généralisée a empêché le bon fonctionnement de cette institution étatique. Comme revendications, les employés grévistes réclamaient de meilleurs traitements dans leur travail, mais aussi le renvoi sans condition de l’actuel titulaire de la DGI, Emmanuel Casséus. Comme conséquence, l’Etat haïtien a perdu des recettes importantes et jusqu’à présent ce problème n’a pas été totalement résolu. Un mois après, la nomination du nouveau directeur n’a pas été faite et certains employés menacent de reconduire la grève au cas où le Conseil présidentiel de transition envisagerait de choisir une personnalité qui ne serait pas la leur.
D’un côté, les discordes politiques entre certains des conseillers présidentiels et l’ex Premier ministre Garry Conille, avaient d’énormes conséquences sur les grandes décisions politiques et économiques. Des semaines sont passées, les membres du gouvernement étaient incapables de se réunir en conseil des ministres. En revanche, les conseillers présidentiels ont pris la ferme résolution de destituer Conille, une décision adoptée par la majorité puisque pour eux l’ancien locataire de la Primature de la République représentait une menace au bon fonctionnement du CPT, mais aussi pour l’ensemble du gouvernement. Le Conseiller Leslie Voltaire, après son installation comme président / coordonnateur du Conseil Présidentiel de la transition a dû attendre environ un mois pour organiser son premier conseil des ministres auquel il se dit engager à travailler avec le nouveau gouvernement dirigé par l’homme d’affaire Alix D. Fils-Aimé et souhaite, prendre des mesures nécessaires visant à restaurer la stabilité et à relancer les activités des secteurs clés de l’économie haïtienne.
De fait, depuis début novembre, après les affrontements des hommes armés pour prendre contrôle du quartier de Solino, un vent de panique s’étend sur toute la région métropolitaine de Port-au-Prince. Désormais plus de 85% de Port-au-Prince est tombé sous le contrôle des gangs. La coalition des hommes armés dénommée « Viv ansanm », a causé des dégâts considérables au bas-Delmas, Solino, Nazon et ses environs. Apres des tirs sur des avions américains, des vols commerciaux ne s’étendent plus sur Port-au-Prince, cela fait plusieurs semaines. Une situation qui limite les importations et les exportations de produits et services dans l’économie haïtienne.
En outre, le nombre des déplacés internes dans le pays s’accroit, l’insécurité alimentaire fait rage. Selon des instances onusiennes, il s’agit de plus de 700 000 personnes qui ont fui leurs maisons depuis l’éclatement de la violence des gangs dans le pays. Incapables, les autorités étatiques ne font que partager des postes importants de l’administration publique. Les objectifs fixés dans le budget de l’exercice 2024 -2025 qui consistent de relever les grands défis de l’heure et de mieux gérer le processus de la transition politique, sont pour l’instant inappliqués par les décideurs de la classe politique. Les prévisions démontrent clairement, sans un climat de stabilité et de sécurité, le pays peut donc enchainer une septième année consécutive de croissance négative de son économie.
Oberde Charles
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