A quand la fin du bras de fer entre le CPT et la Primature ?
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Leslie Voltaire, président du Conseil présidentiel de la transition a rencontré ce vendredi, le chef du gouvernement, M. Garry Conille à la Villa d’accueil. Une rencontre au cours de laquelle les deux hommes devraient discuter autour des points discordants et envisager les pistes de solutions possibles.
Dans une correspondance adressée au président du CPT, le Premier ministre Garry Conille a fait le point sur quelques dossiers pertinents concernant le bon déroulement de ce gouvernement de transition. «Monsieur le président, lorsque nous avons accepté la responsabilité de diriger cette transition, nous l’avons fait en sachant qu’elle nécessiterait de grands sacrifices personnels pour nous-mêmes et pour nos familles », a lancé l’homme politique, qui rappelle au coordonnateur du CPT que cette crise est l’unique occasion pour changer l’histoire, d’éviter l’abime, et de tracer pour Haïti la voie de la stabilité, de la sécurité et l’organisation d’élections crédibles.
Plus loin, le locataire de la Primature a averti au président du CPT qu’il faut respecter l’accord du 3 avril 2024, qui a été signe entre les acteurs de différents secteurs de la vie nationale. « Nous devons réaffirmer notre engagement envers ces principes chèrement acquis, qui demeurent la seule source de légitimité de ce processus. Je crois par exemple qu’il est impératif que les secteurs retrouvent leur place légitime en tant qu’influenceurs centraux de cette trajectoire politique » avance-t-il.
Par contre, ce conflit existant entre les deux branches du pouvoir exécutif pourrait durer encore longtemps. Certains conseillers présidentiels et des représentants de quelques clans politiques ont mal considéré les propos du Premier ministre au Président du Conseil présidentiel de la transition. Pour eux, il s’agit d’une arrogance démesurée qui montre clairement que le chef de la Primature profite des failles qui existent au sein du CPT pour exercer son pouvoir et agir comme étant le seul chef de l’exécutif.
Sur les trois conseillers présidentiels impliqués au scandale de corruption de la BNC, M. Conille presse le bouton. Il appelle donc Leslie Voltaire à agir conformément à l’article 2, aux articles 3 et 33 du Décret portant création au Conseil Présidentiel de la Transition ainsi qu’à son fonctionnement. « Une position claire du CPT sur ce sujet est indispensable pour progresser dans le travail essentiel que nous devons accomplir ensemble » dit-il.
Parallèlement, suite aux obligations faites par certains conseillers présidentiels pour un éventuel remaniement au sein de son gouvernement, Garry Conille estime que de telle décision ne saurait résoudre les vrais problèmes du pays, ni alléger la souffrance des victimes de l’insécurité. En ce sens, M. Conille dit voir de très bon œil l’idée de restaurer la crédibilité de l’Etat et de se fixer aux grands chantiers prévus dans l’agenda du gouvernement de transition.
Selon certains observateurs, le pouvoir du CPT ainsi que celui du gouvernement dirigé par le Premier ministre Garry Conille reste fragilisé. Depuis plus d’un mois aucune décision officielle n’a été adoptée en conseil des ministres. D’une part, certains conseillers présidentiels écartent toute possibilité de discuter avec le Premier ministre, d’autre part, le Premier ministre, des secteurs et des personnalité politique voient le CPT comme une institution paralysée du fait qu’il n’arrive pas à se positionner sur la situation des conseillers présidentiels qui ont leurs noms cités dans le rapport de l’Unité de lutte contre la corruption pour abus de pouvoir, corruption et pots de vin.
Oberde Charles
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