Les contre-vérités de l’opération policière à Village de Dieu
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L’opération de la Police nationale d’Haïti à Village de Dieu le vendredi 12 mars a été tournée en échec et drame pour l’institution policière. Au-delà des déclarations du chef du Conseil supérieur de la PNH et du directeur général de l’institution sur ce qui s’est passé, certaines réalités sont exclues des discours officiels.
Contrairement aux allégations des autorités faisant croire que le nombre de policiers tués dans l’opération à Village de Dieu est élevé à quatre, le syndicat de la PNH-17 confirme la mort de cinq policiers à l’intérieur de la zone d’intervention. Le Réseau national de défense de droits humains (RNDDH) a indiqué que l’institution policière a enregistré cinq morts dans l’opération, avec un mort en plus à l’hôpital Bernard Mevs, soit six au total. Pour le SPNH-17, 21 policiers ont participé dans cette tentative de pénétration du quartier en question sur trois chars blindés. Deux chars de SWAT et un BOID.
C’est une opération policière qui a débuté vers les 4 h le vendredi 12 mars. Trois chars blindés embarquant sept policiers chacun ont été mobilisés pour s’introduire à Village de Dieu, ce quartier populeux situé à l’entrée sud de la capitale qui abrite des individus lourdement armés. Jusqu’à 8 h, les chars de la PNH ne pouvaient pas encore entrer au village. Pour éviter tout dommage, les agents de l’ordre ont ordonné aux citoyens de laisser la zone de Portail-Léogane.
Comme toutes les opérations policières, le Centre de renseignements et d’opération (CRO), la Direction générale de la PNH, la Direction centrale de la police administrative (DCPA) ont été mobilisés pour piloter cette intervention. Des moyens technologiques tels que les drones ont été de la partie pour réduire les risques d’échec de cette opération décisive.
Un manque de communication dans la progression de l’opération
Selon une source policière, au cours de l’opération, les tâches ont été effectuées en amateur. L’opération a été livrée à elle-même. Les survivants ont confié à leurs confrères d’armes qu’il y avait un déficit d’information. N’ayant pas le contact direct avec le drone, les agents sur le terrain n’ont pas été informés des messages transmis par cet appareil qui est capable de détecter des pièges tendus par le groupe en face.
D’un autre côté, les syndicalistes ont affirmé que les cris de secours des policiers, utilisant la fréquence de la radio communication de l’institution, ont été entendus. Ils ignorent pour quelle raison des renforts n’ont pas été envoyés aux agents sur le terrain.
Les chars blindés avaient seulement la mission de s’introduire dans la zone, a expliqué un policier. Ce dernier a relaté qu’à chaque 10 mètres, il devrait avoir un convoi de policiers dans la progression des policiers à l’intérieur de Village de Dieu. Les policiers dans les chars ne devaient pas descendre de leur véhicule selon la planification de l’opération. À force de buter sur des obstacles que les pilotes de l’opération n’ont pas signalés, les policiers ont été obligés de laisser les chars pour tenter de sauver leur vie.
Par ailleurs, des policiers s’interrogent sur la mise en place du périmètre de sécurité dans la zone par le commandement de l’opération. S’ils mettent en doute le nombre de policiers mobilisés pour l’opération, ils nient également la présence des agents de l’ordre dans les parages de la zone d’intervention.
Entre autres, pour les policiers du SPNH-17 et des organisations de la société civile, l’opération a viré en drame à cause de l’absence de renseignements au sein l’institution policière. Ils déplorent le fait que la PNH ne soit pas au courant de ce qui se passe à l’intérieur du village. Ils critiquent aussi l’incompétence de certains hauts gradés responsables du bon déroulement de l’opération.
Woovins St Phard
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