Nouvelle démonstration des « Fantom 509 » dans la région métropolitaine de Port-au-Prince
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Alors que des détonations de tirs nourris ont été entendues dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince, dans la soirée du 16 au matin du 17 mars 2021, la capitale et ses environs allaient connaître encore une journée mouvementée. Moins de 72 heures après leur dernière sortie, les membres du groupe « Fantom 509 » ont défilé à nouveau dans les rues. La récupération des dépouilles policières au village de Dieu et la libération des policiers mis en isolement suite à l’échec de l’opération ont été parmi leurs revendications.
À l’entrée sud de la capitale haïtienne, plusieurs tirs nourris ont été entendus dans la nuit du 16 au 17 mars. Même cas de figure dans la commune de Delmas. Tôt dans la matinée du mercredi, la journée s’annonçait difficile. La circulation automobile (le transport public surtout) allait être paralysée. Des véhicules ont été mis en croix à certains endroits sur la route de Delmas notamment non loin de Delmas 19, à Delmas 75 et 69. Également, des pneus enflammés ont été remarqués dans plusieurs artères. Plusieurs entreprises ont dû garder leurs portes fermées.
Mardi soir, la Police nationale d’Haïti annonçait avoir récupéré, le char saisi le 12 mars, par les bandits de « Village de Dieu ». « Lapolis rekipere blende ki te rete nan katye Vilaj de Dye a nan kad yon operasyon espesyal ki dewoule aprè midi madi 16 mas la », peut-on lire dans une publication de l’institution policière. D’après certains citoyens questionnés, ce mercredi matin à Delmas, la récupération du véhicule blindé est une provocation puisque les autorités policières n’ont pas daigné récupérer des dépouilles policières se trouvant entre les mains des bandits. Ce qui est, entre autres, à l’origine de ce mouvement spontané.
Moins de 72 heures après leur sortie visant à réclamer justice pour leurs frères d’armes tombés à Village de Dieu, les membres du groupe « Fantom 509 » ont été à nouveau dans les rues. Comme à l’accoutumée, ces individus, qui se réclament de la Police, ont été accompagnés de plusieurs militants circulant à motocyclette. La route de l’aéroport, le boulevard 15 octobre et l’autoroute de Delmas figuraient parmi les artères empruntées par ces protestataires.
En milieu de journée, ces derniers ont envahi les locaux du commissariat de Delmas 33 afin de libérer les policiers mis en isolement. Et ils ont obtenu gain de cause vraisemblablement. Plusieurs slogans ont été scandés à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment. « La polis nan prizon, gang ap banbile », pouvait-on entendre à l'intérieur du bâtiment en guise de protestation. À l’extérieur, les slogans ont été très hostiles à Jovenel Moïse.
Comme l’une des conséquences découlant de ce mouvement du groupe « Fantom 509 » pour exiger les récupérations des dépouilles policières à Village de Dieu, des véhicules de l’entreprise « Universal Motors » ont été incendiés et d’autres volés. Les premiers éléments d’informations parlent d’infiltration.
Pour plusieurs institutions de droits humains, la PNH est instrumentalisée avec l’équipe au pouvoir. Avec la mise en isolement de l’inspecteur général Carl Henry Boucher provoquant le mécontentement de plusieurs policiers, la principale force légale de protection citoyenne se retrouve dans une mauvaise posture et le pays s’enlise davantage dans la crise institutionnelle.
« L’éclatement de l’institution nommée Police nationale d’Haïti se joue en direct sur les ondes des radios de la capitale. Après l’affaiblissement de la Cour supérieure des comptes et de la Cour de cassation, c’est la PNH qui vole en morceaux devant nos yeux ébahis. #FreeHaiti », a fait savoir la citoyenne Monique Clesca ce mercredi, sur son compte Twitter.
« La situation actuelle n’est que la résultante de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance dégénérée à un rythme exponentiel pendant cette décade, période où le gouvernement accorde plus de valeur au renforcement des gangs tout en affaiblissant voire réduisant à leur plus simple expression la justice et de la police, pivots d’un état de droit », a fait savoir l’Organisation des citoyens pour une nouvelle Haïti (OCNH) dans une note du 16 mars tout en demandant à la puissance publique de contraindre les gangs à déposer leurs armes.
Pour ce, l’OCNH croit que « la justice haïtienne doit être renforcée, indépendante et surtout débarrassée de tout agent et intervenant ne respectant pas ses valeurs et principes ».
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