Ce qu’implique l’état d’urgence sécuritaire déclaré par le Gouvernement
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Pour contrecarrer l’insécurité inimaginable qui sévit le pays depuis des mois, le Gouvernement a pris, le mardi 16 mars, la décision d'instaurer l’état d’urgence sécuritaire dans certaines zones du pays. Cette déclaration donne le plein pouvoir au gouvernement de faire des interventions musclées et spéciales dans ces zones dites de non-droit.
Déclaré pour une période d’un mois, l’état d’urgence sécuritaire va permettre au Gouvernement d’attaquer à l’insécurité dans les quartiers de Village de Dieu, de Grand-Ravine, de Delmas 2, de Savien, à la Petite Rivière de l’Artibonite et toutes les zones identifiées par le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN). Cette disposition permet au Gouvernement de suspendre certains droits dans ces quartiers afin de rétablir un climat de sécurité normal, tout en protégeant les vies et les biens sur ces portions du territoire national.
Selon la législation, la loi sur l’état d’urgence peut être instaurée sur tout ou une partie du territoire national lorsqu’une catastrophe naturelle réelle ou imminente exige, pour protéger les personnes, les biens, l’environnement ou les infrastructures, une action immédiate que les autorités estiment ne pas être en mesure de réaliser adéquatement dans le cadre des règles de fonctionnement habituelles des institutions publiques ou dans le cadre du plan national de gestion des risques et des désastres. Dans le contexte actuel, le Gouvernement a décrété l’état d’urgence dans certaines zones de non-droit pour combattre l’insécurité.
À travers l’état d’urgence, le gouvernement favorisera la collaboration entre la Police nationale et les Forces armées d’Haïti. Ces deux forces de sécurité auront à travailler en synergie pour mener des opérations spéciales dans les quartiers ciblés. La loi en question donne provision à l’Exécutif de concentrer les ressources du Gouvernement sur ces zones en particulier au cours de cette période.
L’état d’urgence sécuritaire permettra au Gouvernement de revoir le budget de la République, avec un focus spécial sur la sécurité. Ladite loi facilitera le raccourcissement de certains processus dans les dépenses publiques liées à la sécurité. Elle accordera la possibilité aux autorités de faire des achats de matériels et d’équipements ayant rapport avec la sécurité et les mises en place pour soutenir les policiers et les militaires dans leurs travaux. Entre autres, le pays, à travers le Gouvernement, aura à fixer les regards sur les zones en question. La priorité est accordée aux zones de cibles.
Au cours de cette période d’état d’urgence sécuritaire dans les quartiers indexés par le Gouvernement, la circulation sera, peut-être, limitée dans ces zones par les autorités compétentes. Les habitants de ces quartiers seront soumis à des traitements spéciaux, hors du commun, comme c’était le cas pour la déclaration d’état d’urgence sanitaire où des restrictions ont été imposées à la population dans son ensemble.
Toutefois, si l’état d’urgence favorise la violation des droits humains, l’état d’urgence sécuritaire risque de faire exploser ces droits dans quartiers à forte concentration, construits de façon anarchique. Le mélange entre les groupes armés et la population de ces zones compliquera le travail des forces de l’ordre.
Woovins St Phard
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