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1994-2024: treize faits à retenir de la présence des Etats-Unis en Haïti ?

1994-2024: treize  faits à retenir de la présence des Etats-Unis en Haïti ?

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Du 15 octobre 1994 au 15 octobre 2024, cela fait déjà trente ans que le pays a écrit un nouveau chapitre historique et géopolitique, avec le retour  à l’ordre constitutionnel, sur fond de débarquement militaire, de promesses et d'engagements multiples en particulier sur le plan bilatéral. Retour sur les treize faits marquants qui illustrent les relations entre les Etats-Unis et la République d’Haïti.

Dans une approche combinant à la fois l’histoire diplomatique et l’éducation géopolitique  dans les relations internationales, il est possible de s’accrocher à certains symboles, pour tenter d’informer et de former nos lecteurs, parmi les plus avisés. A travers le sceau du président des Etats-Unis, du nombre des plus influents symboles retenus,   l’aigle à la tête blanche, comme en référence à la maison blanche, tient dans   sa serre gauche une volée de treize flèches, symbolisant la puissance militaire des Etats-Unis.

De ce nombre symbolique, je vous invite à découvrir une sélection de treize faits majeurs parmi d’autres aussi pertinents, pour tenter d’écrire des relations entre les Etats-Unis et Haïti, en particulier de la présence des Etats-Unis en Haïti au cours des trente dernières années.

Depuis ce débarquement spectaculaire et médiatique, triomphal pour certains et angoissant pour d’autres,  sont nombreux les évènements les plus pertinents qui définissent les hauts et les bas dans les relations entre les deux premiers États indépendants sur le continent, et qui ont marqué l’histoire universelle. On peut citer :  1-En dehors de l’occupation de 1915-1934, quatre des récentes interventions militaires des Etats-Unis en Haïti (1994, 2004, 2010, 2024) ; 2-La délocalisation des bureaux du consulat et de l’ambassade des Etats-Unis dans la capitale haïtienne à Port-au-Prince, vers l’imposant complexe situé dans la commune de Tabarre ; 3-La construction du tronçon de route baptisé « Boulevard des Américains », traversant Cité Soleil et reliant la Route 9 à La Saline ; 4-La rencontre des trois premières dames (anciennes et future) entre les Etats-Unis et Haïti au Champ de Mars à « Plas Timoun » ; 5-Le rendez-vous manqué des Etats-Unis à la reconstruction d’Haïti après le séisme de 2010 ; 6-La restitution par les Etats-Unis de quelques biens culturels du patrimoine  à l’Etat haïtien ; 7-Le rejet des candidats d’origine américaine et l’influence des Etats lors des élections en Haïti.

Derrière ses sept faits marquants la pertinence de l’influence des Etats-Unis en Haïti, durant les trente dernières années, on retient six autres pour ainsi aboutir au nombre symbolique de treize faits majeurs. Quels sont ces faits retenus parmi des dizaines d’autres ? Pourquoi tenir compte de ces activités diplomatiques, ces interventions politiques, et ces références sociohistoriques en dehors de la dimension économique et financière qui exige pratiquement une recherche plus approfondie sur les chiffres, les données, les acteurs individuels et institutionnels entre autres ?

De ces six autres faits additionnels, on peut retenir en huitième position : Les arrestations, les refoulements et les  déportations des Haïtiens à Port-au-Prince par les autorités américaines ; 9- Les restrictions de privilèges à certaines autorités haïtiennes et les sanctions des Etats-Unis contre des anciens dirigeants et d’autres personnalités en Haïti ; 10-Les bourses d’études et d’autres opportunités culturelles octroyées aux jeunes évoluant en Haïti ; 11-Le programme Humanitarian Parole permettant à des milliers de migrants de quatre pays dont Haïti de rentrer aux Etats-Unis ; 12-La position des Etats-Unis dans des dossiers d’Haïti avec d’autres, comme le cas des crises avec la République dominicaine ; 13-L’assistance économique, technique ou  militaire des Etats-Unis aux institutions haïtiennes notamment des forces de sécurité  pour faire face aux multiples violences qui déstabilisent le pays.

De ces treize faits majeurs, qui nous permettent de mesurer ou d’évaluer les principales contributions et les impacts majeurs, autant les collaborations bilatérales et les bénéfices des différents acteurs sectoriels établis en Haïti,  dans le cadre des relations entre l’un des plus riches Etats dans le monde et l’une des plus résilientes nations dans le monde, il sera possible de confirmer à partir des données qualitatives et quantitative l’efficacité et l’efficience de chaque action.

De 1994 à 2024, on ne compte pas moins de quatre des principales opérations militaires officielles de l’armée des Etats-Unis en Haïti. La première est survenue le 19 septembre 1994,  à travers la force multinationale, composée d'Américains et de soldats de 19 autres pays, connue sous le nom de code américain opération Uphold Democracy, qui débarque à Haïti, avec le retour de l’ancien président Jean Bertrand Aristide le 15 octobre 1994. Le journal les Echos rappelle : « Le président américain Bill Clinton a confirmé que le président haïtien en exil, Jean-Bertrand Aristide, rentrerait bien samedi 15 octobre à Port-au-Prince, où il pourra retrouver sa « place de droit » en tant que chef d'Etat démocratiquement élu. Souvent catalogué aux Etats-Unis comme un « socialiste à risque », le prêtre président va rentrer en Haïti avec un programme de réformes ultralibérales. Ce plan de 800 millions de dollars pour le redressement d'une économie exsangue, élaboré par des experts américains, comporte notamment la privatisation de plusieurs services d'Etat, la décentralisation et l'instauration de la libre concurrence. ». https://www.lesechos.fr/1994/10/haiti-le-retour-du-president-aristide-confirme-891377

Dans les sept années qui suivent, en 2004, avec les violences sociopolitiques qui ont contraint le président Jean-Bertrand Aristide à son deuxième exil, on retiendra dans le journal Le Monde, sous le titre : « Soldats américains et français ont pris pied en Haïti », que : « Plus de 300 militaires américains et français ont été débarqués dimanche soir et lundi à l'aube à l'aéroport de Port-au-Prince, et une nouvelle compagnie américaine de Marines devait partir dans la journée de lundi, portant à 400 le nombre d'Américains dans la capitale haïtienne, selon le Pentagone. ». « Plusieurs centaines de soldats américains et français chargés de stabiliser Haïti après la fuite de Jean Bertrand Aristide sont arrivés lundi 1er mars à Port-au-Prince, où les insurgés ont été accueillis triomphalement par une population traumatisée par les violences de la veille. ». https://www.lemonde.fr/archives/article/2004/03/01/soldats-americains-et-francais-ont-pris-pied-en-haiti_355085_1819218.html

Dans les heures qui suivent le violent séisme de  2010, La Dépêche nous rappelle dans sa publication du 16 juin 2010 : « Les Etats-Unis ont mis en place un puissant dispositif militaire en Haïti pour aider les victimes du séisme avec le déploiement de milliers de soldats, de navires de guerre dont un porte-avions nucléaire, et d'équipes médicalisées rompues aux situations de crise. Au cours des dernières 48 heures, le Commandement militaire américain Sud (SOUTHCOM), dont dépend Haïti, a établi sur place une "force spéciale" dirigée par le général Ken Keen. ». https://www.ladepeche.fr/article/2010/01/16/756444-les-forces-americaines-presentes-en-haiti.html

Du Bureau des Affaires Publiques, de l’ambassade des Etats-Unis en Haïti, le communiqué de presse du 11 mars 2024, nous informe : « L’armée américaine mène une opération pour renforcer la sécurité de l’ambassade des États-Unis en Haïti ». Avec des précisions suivantes : « À la demande du Département d’État, l’armée américaine a mené une opération dans le but de renforcer la sécurité de l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, permettre la poursuite des opérations de la mission diplomatique et faciliter le départ du personnel non essentiel. Le transport aérien de ces personnes, vers et depuis l’ambassade, est conforme à notre pratique habituelle de renforcement de la sécurité de nos ambassades à travers le monde et aucun Haïtien n’était à bord de l’avion militaire. ». https://ht.usembassy.gov/fr/larmee-americaine-mene-une-operation-pour-renforcer-la-securite-de-lambassade-des-etats-unis-en-haiti/

Derrière ces quatre grands faits militaires marquants, qui s’adaptent facilement à la théorie de Dominique Moïsi dans  « La Géopolitique de l’émotion », se questionnent autour de la démonstration suivante : Comment les cultures de peur, d'humiliation et d'espoir façonnent le monde ? Les élites autant que les masses en Haïti vont ainsi se partager ou bien masquer ces trois principales émotions dans leurs différentes formes d’expressions au cours des dernières décennies.

Dominique Domerçant 

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