La CE-JILAP, dans son dernier rapport, interpelle « les politiciens et la bourgeoisie des affaires »
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Le 77e rapport de la Commission épiscopale nationale justice et paix (CE-JILAP) de concert avec la Commission justice et paix de l’archidiocèse de Port-au-Prince sur la violence dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince fait état de 117 victimes d’actes de violence, dont 103 par armes à feu pour les trois derniers mois de l’année 2020. Ce rapport a profité pour indexer les politiciens ainsi que la bourgeoisie des affaires pour leur tort et complicité pour ce qui se passe dans le pays.
Dans un rapport acheminé à la rédaction du journal, la Commission épiscopale nationale justice et paix (CE-JILAP), de concert avec la commission justice et paix de l’archidiocèse de Port-au-Prince, présente l’état de la violence dans les 7 communes (Cité Soleil, Carrefour, Port-au-Prince, Pétion-ville, Delmas, Tabarre, Croix-des-Bouquets) qui composent la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Sans surprise, la capitale haïtienne vient en tête de liste de ce 77e rapport, suivie de Delmas, de Pétion-Ville et de la Croix-des-bouquets.
Pour le quatrième trimestre de l’année 2020, la commission dit avoir enregistré 117 victimes d’actes de violence dans la zone métropolitaine, dont 103, par arme à feu. Parmi elles, 49 sont des victimes de la violence des gangs armés et 38 par des gens armés non identifiés. La CE-JILAP a relaté également, qu’au cours du trimestre, que 10 policiers, 6 enfants et 9 femmes ont figuré parmi les victimes. Toutefois, la Commission a attiré l’attention sur « sur la grande absence de formation en gestion non violente des conflits a l’intention des citoyens et citoyennes ».
Se basant sur des constats, la Commission a indiqué que le sentiment d’insécurité a augmenté à cause des cas de kidnapping. S’appuyant sur certaines sources également, la Commission a rapporté que le nombre de gangs et leur pouvoir dans les quartiers populaires ont augmenté « suite à une décision des autorités de ne plus financer les groupes armés ». Selon la Commission, « cette remarque indique l’ancienne habitude des autorités de chercher l’appui des groupes armés dans les quartiers contre paiement pour conquérir et assurer leur pouvoir ».
Pour rafraîchir la mémoire, la Commission ne passe pas par quatre chemins pour s’exprimer sur la situation actuelle du pays. « Tous les gouvernements, depuis la dictature et après, doivent reconnaitre leur tort pour la violence qui ravage le pays de nos jours et qui augmente toujours, parce que bon nombre de politiciens, de toute tendance, s’en servaient à leur avantage ». En guise de rappel, le rapport prend en exemple un ensemble de massacre comme La Saline et d’assassinats comme Jean Leopold Dominique, Me Monferrier Dorval.
« Aujourd’hui, le pays est victime des méthodes et pratiques politiciennes du passé, et dont les racines remontent bien loin. Les politiciens et la bourgeoisie des affaires doivent reconnaitre leur tort et complicité pour ce qui se passe », peut-on lire dans le rapport qui demande un effort collectif afin de sortir le pays de cette impasse.
Plus loin, le rapport recommande à l’État de mettre sur pied des politiques publiques qui créent de l’espoir dans la production locale, la création de petites entreprises. Le rapport plaide aussi pour une vraie réforme de la justice sans impartialité et impunité, pour la création des espaces et des moments de rencontre, pour la formation sur la gestion des conflits sans violence dans les communautés.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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