Le désordre généralisé dans le pays a-t-il déstabilisé la PNH ?
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Si les autorités policières et judiciaires avaient vraiment le souci de rechercher les auteurs criminels des actes de violence, des décisions auraient, sans doute, été prises pour empêcher que des gens perdent leur vie. C’est l’avis de la directrice nationale de la Commission épiscopale justice et paix (CE-JILAP) Jocelyne Colas Noel. Elle estime également que le désordre généralisé dans le pays est à la base de l’actuelle instabilité au sein de l’institution policière.
Dans une interview exclusive accordée, ce mercredi 24 mars 2021, au journal Le National et la Radio Télévision Pacific, la directrice nationale de la Commission épiscopale justice et paix (CE-JILAP), Jocelyne Colas Noel, s’est exprimée sur le 77e rapport de la commission et surtout la crise qui sévit dans le pays affectant, entre autres, le système judiciaire et la Police nationale d’Haïti (PNH).
En effet, depuis le commencement de l’année 2021 jusqu’à date, plusieurs policiers ont déjà perdu leur vie. De l’opération à Village de Dieu, qui s’est soldée par la mort de 5 agents des forces spécialisées, aux échauffourées entre la PNH et les membres du groupe « Fantôme 509 », sans oublier les attaques isolées des bandits armés sur des policiers, l’addition est lourde.
Pour Mme Noel, le fait que des policiers soient aussi vulnérables que le simple citoyen prouve que personne n’est protégé dans le pays. « Il n’y a pas de garantie pour personne », a-t-elle martelé ajoutant que l’action publique a été très rarement mise en mouvement afin de retrouver les auteurs et les causes des crimes. En ce sens, elle dénonce ce qu’on appelle dans le système judiciaire haïtien : « L’enquête se poursuit ». Pour elle, les enquêtes doivent aboutir afin d’arriver à la réalisation de jugements impartiaux tout en mettant fin à l’impunité.
D’après la directrice, les autorités doivent chercher les circonstances et les conditions ayant mené à la mort, aux assassinats des policiers. « Nou kwè, si yo t ap chache konnen koz lanmò moun an dedan peyi a, nou kwè ta kapab genyen yon desizyon ki pran pou anpeche moun te kapab viktim », a indiqué la directrice nationale poursuivant qu’il est anormal que des gens perdent leur vie sans qu’aucune enquête sérieuse vienne révéler les raisons.
De l’avis de la directrice, ce qui se passe ces derniers temps au sein de la PNH, incluant l’action des membres du groupe « Fantôme 509 », traduit la débâcle qui s’étend à toutes les institutions du pays. La PNH, dit-elle, n’est pas épargnée. « Ce niveau de débandade, de mauvaise gestion et de politisation de la police est responsable de tout ce que l’on voit », a-t-elle fait savoir sur l’institution policière ajoutant que si l’on avait pris en compte quelque part en amont les revendications policières, on aurait pu éviter l’accumulation de ces frustrations.
Répondant à une question relative à la légitimité du pouvoir, Mme Noel a laissé comprendre : « qu’on n’a pas d’autres dirigeants que ceux qui sont au pouvoir ». Dans cette optique, elle plaide pour que les citoyens fassent pression sur le gouvernement afin qu’il prenne ses responsabilités et assure la sécurité de la population.
« Ce pays est la nôtre...Il est aussi celui des dirigeants. Ces derniers ne le seront pas toujours... Quand ils ne le seront pas encore, ils doivent faire une façon pour vivre dans le pays », a-t-elle fait remarquer tout en croyant que c’est leurs agissements et leurs pratiques qui vont les permettre de vivre dans le pays malgré certains d’entre eux peuvent aller à l’étranger. « Nous invitons les autorités à prendre leurs responsabilités et nous tirer de cette situation », a-t-elle indiqué concluant que le peuple haïtien ne mérite pas cela.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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