28, 29 et 30 mars : trois journées de mobilisation pour le respect de la Constitution de 1987
Pour marquer le 34e anniversaire de la Constitution de 1897, des organisations de l’opposition politique et de la société civile annoncent trois journées de mobilisation pour les 28, 29 et 30 mars 2021. Des manifestations seront organisées dans tous les dix départements géographiques du pays, selon les initiateurs.
À l’initiative de plusieurs organisations de l’opposition politique, de la Commission protestante contre la dictature, du regroupement « Mache pou lavi », la population est invitée à participer activement les 28, 29 et 30 mars à des mouvements de protestation à travers les rues des différentes communes du pays. À travers ces trois journées de mobilisation générale, les protestataires comptent marquer le 34e anniversaire de la Constitution de 1987. Ils entendent également dénoncer les agissements du pouvoir en place qui, selon eux, sont contraires à la loi mère du pays.
Aussi, par ces trois journées de mobilisation les regroupements de l’opposition et de la société civile veulent-ils poursuivre la grande mobilisation entamée depuis des mois pour contraindre le président Jovenel Moise et son équipe à respecter la charte fondamentale du pays. Pour ces organisations, il n’est plus question de démission, puisque le mandat du locataire du Palais national est arrivé à son terme depuis le 7 février. Ils réclament le respect de la Constitution en vigueur.
Selon Marjorie Michel du secteur démocratique et populaire, ces journées de mobilisation seront tenues non seulement pour exiger le respect de la Constitution, mais pour dénoncer la mauvaise gouvernance du pays. L’ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme (2009) décrit une situation catastrophique dans la gestion des finances publiques. À en croire ses allégations, il y a un grand déséquilibre entre les recettes et les dépenses publiques.
D’un autre côté, la militante politique de l’opposition déplore une situation de terreur sur le plan sécuritaire. Elle relate une alliance entre l’État et les groupes armés au détriment de la population haïtienne. Pour lui, les citoyens ne peuvent pas circuler librement dans le pays. Marjorie Michel explique qu’on ne peut pas décider de se rendre aisément dans le grand Sud dans le contexte actuel.
S’agissant des problèmes internes qui bouleversent la Police nationale, Me Michel demande à la population de sympathiser avec les policiers en participant à la marche du 30 mars. Marjorie Michel affirme que la PNH doit être au dessus du lot en s’abstenant de fricoter avec la politique.
Rosemond Pradel du parti Fusion, membre de la DIRPOD, appelle les citoyens à sortir dans les rues au cours de ces trois journées pour exiger le respect de leur vote ou de leur parent pour la Constitution de 1987. Le vétéran politique croit que le pays n’a pas un problème de constitution, mais de président. Pour lui, les chefs d’État n’arrivent pas à s’élever à la dimension de la tâche que leur confère la charte fondamentale de 1987. « Les présidents prennent ce qu’ils veulent du document de 1987, et rejettent ce qu’ils désirent », relate M. Pradel, précisant que la Constitution n’est pas à la base de la situation actuelle du pays.
Toutefois, Rosemond Pradel avoue que le document contient des imperfections comme toute œuvre humaine. Il indique que les législateurs ont tracé la voie pour amender la Constitution. Il esquive la volonté du président Jovenel Moise de changer en dehors de la loi ce document important pour le pays.
De son côté, l’ancien député Hugues Célestin appelle les Haïtiens à dénoncer la violation de leurs droits. Pour le résident de Quartier Morin, aucun citoyen d’Haïti ne devrait accepter qu’un étranger lui passe des ordres sur son territoire. Hugues Célestin attribue les maux du pays à l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires internes du pays. Suivant ses dires, en plus de l’international, le chef de l’État et les oligarques contribuent aussi à la dégénérescence accélérée du pays. M. Célestin opte pour un soulèvement populaire afin de redresser la barre.
Woovins St Phard
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.