Haïti/Insécurité / Région métropolitaine de Port-au-Prince
Plus de 30 établissements scolaires et universitaires fermés, l'OCNH s'inquiète pour la rentrée 2024-2025
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Environ une vingtaine d'écoles et une douzaine d'universités ont fermé leurs portes en raison de l'escalade de la violence dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, selon un bilan de l'Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH). Pour l'organisme de défense des droits humains, cette situation s'avère préoccupante pour la réouverture des classes prévue le 1er octobre prochain.
La recrudescence de la violence des groupes armés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince a plongé davantage le système éducatif, déjà en proie à des difficultés, dans une crise sans précédent. Plusieurs quartiers, contrôlés par des bandits, sont de plus en plus inaccessibles, rendant dysfonctionnels des institutions publiques et privées, dont plus d'une trentaine d'établissements scolaires et d'universités dans la capitale haïtienne.
L'Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti se dit préoccupée par la rentrée académique 2024-2025, fixée au 1er octobre prochain, en tenant compte du fait qu'aucune disposition ne semble être prise pour favoriser la réouverture des classes. Bon nombre d'établissements scolaires sont abandonnés sous la pression des gangs qui les utilisent comme des cachettes ou, du moins, en raison de la présence des déplacés internes logés dans ces espaces.
Pour l'OCNH, cette annonce porte préjudice à une bonne partie de la communauté éducative, avec des milliers de parents et d'apprenants qui se trouvent dans l'incertitude de pouvoir répondre à cette réouverture. L'organisation dénonce le laxisme des autorités concernées face aux nombreuses préoccupations de la population concernant la rentrée des classes.
«Ces établissements ne sont plus des lieux d’apprentissage, mais des zones de conflit ou des abris provisoires pour les déplacés internes. Treize (13) d’entre eux sont abandonnés, dont les Lycées Anténor Firmin et Toussaint, contre neuf (9) occupés par des personnes déplacées internes (PDI)», lit-on dans ce rapport. Contrairement aux établissements scolaires occupés par des réfugiés, les douze (12) facultés sont abandonnées, à l’exception de la faculté de linguistique, qui est occupée par des déplacés internes, malgré le fait que ces institutions se trouvent à quelques mètres du Palais national.
Les responsables de l'OCNH rappellent que les actes de vandalisme perpétrés par des groupes armés entre février et mars derniers contre les établissements scolaires et universitaires ont mis en péril l’année académique 2023-2024 pour certains élèves et étudiants. Certains directeurs ont dû payer les chefs de gangs pour assurer la sécurité de leurs établissements. «Lors de certains affrontements avec la PNH, certains établissements sont utilisés comme cachettes par les groupes armés. En conséquence, la vie des écoliers et étudiants est exposée à de multiples risques tels que des balles perdues», a averti l'OCNH dans la note.
Selon cette structure, malgré les récentes opérations entamées par la Police nationale, le climat n’est pas encore favorable à garantir la sécurité de la population, en particulier celle des écoliers et étudiants. Elle estime que l’État doit rétablir la sécurité dans la zone métropolitaine afin de permettre aux écoliers et étudiants de reprendre les cours, et invite les acteurs influents de la société haïtienne à apporter leur contribution dans la protection des élèves et des universitaires.
Elle recommande ainsi aux autorités concernées de rétablir un climat de sécurité pour favoriser la rentrée des classes, de reprendre le contrôle des établissements scolaires et universitaires occupés par les civils armés, de mettre en application la Convention relative aux droits de l’enfant, et de relocaliser les personnes déplacées internes logeant dans des écoles et universités.
«Cette situation préoccupe considérablement l’OCNH dans la mesure où cette rentrée des classes pourrait exclure certains établissements. En effet, aucune disposition n’est prise pour le retour d’un climat propice à la rentrée. Aucun des territoires contrôlés par les groupes armés n’a été repris à ce jour par la police. Certes, des opérations sont en cours, mais les résultats ne sont pas concrets pour envisager le rétablissement de l'autorité de l'État», a conclu la note.
Sheelove Semexant
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