Pénurie de médicaments: l'APH tire encore une fois la sonnette d'alarme
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L'Association des Pharmacies d'Haïti (APH) tire une fois de plus la sonnette d'alarme sur le problème de disponibilité d'intrants et d'approvisionnement en médicaments, réitérant leur demande aux pouvoirs publics de trouver des solutions pour enrayer la spirale qui met avant tout en difficulté les personnes les plus vulnérables de la société.
Le président de l'APH, Pierre Hugues Saint-Jean, indique que les cas de rupture d'approvisionnements en médicaments depuis quelques semaines, causés par la violence des gangs armés qui tiennent d'assaut la zone métropolitaine de Port-au-Prince, ont de lourdes conséquences sur le secteur, notamment sur les patients.
Dans une note rendue publique sur ce problème, l'APH alerte une nouvelle fois sur les conséquences de cette pénurie de médicaments, de vaccins et d'intrants médicaux, et formule quelques recommandations afin de les limiter. Le pharmacien a insisté sur les médicaments à intérêt thérapeutique majeur dont l'indisponibilité peut aboutir à un problème de santé publique.
« On considère qu'il y a rupture d'approvisionnement quand une pharmacie d'officine ou une pharmacie hospitalière se trouve dans l'incapacité de distribuer un médicament à un patient dans un délai imparti après avoir effectué une demande auprès de deux entreprises exerçant une activité de distribution de médicaments », a-t-il fait savoir.
Beaucoup de médicaments sont concernés, comme ceux concernant les antidiabétiques, antibiotiques pédiatriques, etc., explique le spécialiste, en précisant que ce problème pourrait être évité si les hommes armés avaient compris la nécessité de protéger les institutions sanitaires et de laisser un couloir humanitaire pour les urgences.
L'indisponibilité d'un médicament a des conséquences immédiates pour les personnes, notamment celles souffrant de pathologies chroniques pour lesquelles l'adhésion au traitement est essentielle. « Perte de chance, difficulté d'adhésion au traitement, effets indésirables engendrés par l'imposition de changements de traitements, déstabilisation des personnes les plus fragiles lors des substitutions », sont autant de risques encourus par les patients. Il n'est plus qu'urgent de trouver un terrain d'entente afin d'éviter ce chaos qui n'est pas loin d'arriver si rien n'est fait, nous fait savoir l'APH.
Gerard H. Resil
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