Haïti- Crise: des centres hospitaliers en manque d'intrants et des pharmacies en rupture de stock
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La persistance de la crise sécuritaire a de grands impacts sur les centres hospitaliers et les pharmacies dans tout le pays. Des intrants pharmaceutiques ou médicaments, produits dans des laboratoires étrangers ou locaux sont quasi indisponibles dans les centres de distribution, ce qui aggrave la prise en charge des malades, ces dernières semaines ont révélé Pierre Hugues Saint Jean, président de l'Association des pharmacies d'Haïti et Nazaire Théodore, obstétricien, médecin de service à l'OFATMA.
Le docteur Nazaire Théodore, membre de l'Association médicale Haïtienne (AMH),
directeur médical au centre de santé Père Gérard Jean Juste et médecin de service à l'OFATMA, dresse un tableau sombre de la situation de certains centres hospitaliers du pays, observée depuis la détérioration de la situation au niveau de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince ces dernières semaines.
Des stocks d'intrants ont été épuisés dans des centres hospitaliers en raison du manque d'approvisionnement des agences pharmaceutiques, dû à l'insécurité qui affecte le transport de ces produits à Port-au-Prince et dans les villes de province ainsi que leur dédouanement et leur production dans les laboratoires au niveau du pays.
Parallèlement, le médecin condamne les actes de vandalisme et de vols commis contre certains centres de santé et hôpitaux de la zone métropolitaine, dont celui de Saint-Martin, situé à Delmas 3, l’ asile Français, l'hôpital Saint François de Sales et la fermeture de l'hôpital de l'Université d'État d'Haïti et de la maternité Isaïe Jeanty.
Le président de l'Association des pharmacies d'Haïti (APH), Pierre Hugues Saint-Jean a pour sa part indiqué que les pharmacies fonctionnent dans des conditions assez difficiles par rapport à la détérioration du climat sécuritaire et des vents de panique qui règnent dans la capitale depuis plus de deux semaines.
«Les circuits de distribution dont les agences se trouvent incapables d'alimenter les pharmacies, les centres de santé et les hôpitaux. Les difficultés auxquelles font face les différents ports et les aéroports du pays handicapent à tous les niveaux l’approvisionnement et le bon fonctionnement du secteur médical. Il paraît donc urgent de résoudre un tel problème, de créer un couloir humanitaire et faciliter le passage des intrants médicaux et des médicaments afin de garantir la prise en charge des malades à travers tout le pays», a fait savoir le pharmacien.
En effet, la violence des gangs au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, durant ce début de mars a déjà causé une augmentation importante du nombre des personnes blessées par balles. Bien avant sa fermeture, l'hôpital de l'Université d'État a pu accueillir plus d'une dizaine de blessés par balles en une journée, pareille pour l'hôpital universitaire de la paix, situé à Delmas qui a également fait ce même constat.
En ce sens, le docteur Nazaire Théodore dénonce entre autres, des difficultés comme le manque de pochette de sang que font face les victimes de balles perdues à Port-au-Prince. Pierre Hugues, de son côté, souhaite un retour à la normale des activités, mais surtout un approvisionnement efficace des pharmacies, des centres de santé et des hôpitaux à travers un couloir humanitaire pendant cette période de crise.
Oberde Charles
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