Mobilisation contre la réforme constitutionnelle
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En Haïti, le débat ne faiblit pas autour du projet de réforme constitutionnelle qui doit être validé par référendum le 27 juin prochain.
L’organisation socio-politique Viv Ayiti continue de dire non au référendum sur la nouvelle constitution, illégal à ses yeux. Elle craint que cette nouvelle constitution serve exclusivement le parti PHTK pour qu’il garde le pouvoir, même quand le président sortant ne compte pas se représenter. Viv Ayiti déplore ce qu’elle appelle une dictature puisque, depuis un an, l'équipe en place gouverne par décrets comme, l’explique Rony Timothée :
« Ils ont détruit le Parlement. Ils ont réduit à néant le pouvoir judiciaire. Le seul pouvoir qui existe est concentré entre les mains de Jovenel Moise, que l'opposition considère comme un usurpateur. C'est pourquoi nous continuons à protester jusqu'à ce que ces problèmes soient résolus. Bientôt le peuple haïtien changera la situation. Nous appelons à une grande mobilisation, pour un mouvement de masse en contournant sept fois le Palais national demain mercredi 21 avril 2021. Un sit-in est aussi prévu devant le local du cours d’appel dans l’objectif de faire pression afin de libérer les prisonniers politiques arrêtés sur fond de persécutions politiques. »
« Le projet constitutionnel d’une seule personne », dont le mandat serait achevé
En fait, comme plusieurs experts internationaux, de nombreux Haïtiens reconnaissent qu'une réforme constitutionnelle est nécessaire pour rendre le pays gouvernable. Le texte proposé par Jovenel Moïse vise notamment à renforcer le pouvoir exécutif. Mais les opposants jugent qu'il va trop loin. Et ils affirment n'avoir pas été consultés.
Ce mandat aurait pris fin le 7 février dernier d’après les opposants politiques qui exigent le départ du chef de l'État. Au lieu de partir, le président avait dénoncé un coup d’État, ce qui lui a servi de prétexte pour mettre à la retraite 3 juges de la Cour de cassation, a regretté Leslie Fareau.
Ils dénoncent l'indulgence et le soutien, selon eux, des États-Unis (premier pays bailleur de fonds d’Haïti), à un régime qui s’est aligné sur la politique étrangère US dans la Caraïbe. Ainsi l’activiste Biron Odigé a fait référence à l’époque soviétique et la rivalité Est-Ouest. Il a noté la volonté du peuple haïtien de soigner sa relation avec la Russie au détriment des États-Unis d’Amérique.
De fait, la crise politique haïtienne, déjà ancienne, est exacerbée par la crise sociale. Les deux tiers de la population gagnent moins de 1,70 U.S par jour. Selon les Nations unies, près de la moitié des Haïtiens auront besoin d'une aide humanitaire d'urgence cette année.
Gérard Hirsh Résil
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