Les mesures toujours inefficaces face au phénomène du kidnapping
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En dépit des mouvements de protestation, le phénomène d'insécurité, notamment les enlèvements contre rançon, ne cesse d’augmenter dans le pays. Ce mardi, plusieurs cas d’enlèvements ont été signalés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les religieux et fidèles de l’Église catholique sont encore entre les mains du gang « 400 mawozo » depuis plus d’une semaine. Toujours en manque d’efficacité, la PNH n’a jamais rien tenté en vue de libérer ces otages.
L’insécurité, ce phénomène, qui pousse la majorité de la population haïtienne à la déprime, se poursuit. Les bandits sont pratiquement inarrêtables. Partout, dans les réseaux de gangs armés, des victimes attendent impatiemment le versement de rançon pour être libérées. Pendant ce temps, les kidnappeurs cherchent d’autres proies. Aucune stratégie efficace de la part de la Police nationale d’Haïti (PNH) n’arrive à les dissuader. Alors que les religieux et fidèles de l’Église catholique sont encore entre les mains des ravisseurs, un employé de l’hôpital Saint-Boniface a été enlevé mardi soir à Carrefour. Les informations font état d’au moins six autres cas d’enlèvements. Deux concernent des employés de la Cour supérieure des comptes, un étudiant de l’INAGHEI, et deux autres personnes dans la commune de Carrefour durant les 24 dernières heures. Ce qui avait soulevé la colère des gens, et occasionné la paralysie des activités dans plusieurs quartiers de la commune.
Au cours de la journée du mardi, des agents de la PNH ont effectué une descente des lieux dans le fief des bandits armés de la 3e circonscription de Port-au-Prince qui, selon les témoignages, ont le contrôle de tous les actes de kidnapping perpétrés dans la commune de Carrefour, territoire limitrophe à la 3e circonscription de Port-au-Prince. La circulation au niveau des zones du Bicentenaire, 5e avenue et Martissant a été paralysée. Des échanges de tirs ont eu lieu pendant plusieurs heures entre les bandits armés et les forces de l’ordre qui tentaient de boucher les artères permettant aux bandits de gagner rapidement leur cachette après chaque opération de kidnapping. Pourtant, cette intervention policière n’a pas pu dissuader les bandits armés. D’autant plus qu’elle n’a pas été une réussite. Au contraire, les bandits ont fait fuir les agents de la PNH, selon les témoignages des riverains.
De son côté, l’État central continu de jouer son rôle de figurant dans ce feuilleton où bandits armés font la loi aux paisibles citoyens. L’État détient, certes, le monopole de la violence légitime, mais elle est inefficace quand il s’agit de traquer les bandits armés et libérer les otages du kidnapping. Le pays entier sait que les religieux sont entre les mains du gang armé dénommé « 400 Mawozo » basé à la Croix-des-Bouquets. Sur les ondes de stations de radio de la capitale, le numéro 1 de ce gang armé (Lanmò san jou) a revendiqué le kidnapping de ces religieux de l’Église catholique en Haïti, dont deux de nationalité française. Les ravisseurs réclament 1 million de dollars américains. Et malgré une rançon versée de 50 000, seulement la mère du père Joseph a été libérée. Les 9 autres sont encore entre les mains des bandits de « 400 mawozo ». L’Église catholique est à son deuxième mouvement de protestation pour forcer l’État central à prendre une décision. Mais ces efforts sans effets, jusqu’à date.
Entre temps, les dirigeants haïtiens n’assument pas leurs responsabilités. A chaque cas de trop, la formule « instructions formelles » revient à l’ordre du jour. Ce mercredi, sur son compte Twitter, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Rockfeller Vincent, a fait savoir qu’il a intimé l’ordre au chef de la Police, Léon Charles, dernier de mettre une fin définitive aux activités des bandits de Grand Ravine, Village de Dieu, Croix-des-Bouquets, entre autres. Les gouvernements qui se sont succédé pendant l’administration de Jovenel Moise ont tous passé des instructions formelles aux différents chefs de la police.
Evens REGIS
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