Passage d'un front froid à Cap-Haïtien : les autorités annoncent des mesures pour redresser la situation
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Deux mille familles victimes, plusieurs maisonnettes détruites et des plantations dévastées dans les communes de la Grande Rivière du Nord, Limonade et Cap-Haïtien, telles sont les conséquences des pluies torrentielles qui se sont abattues sur plusieurs communes du département du Nord durant les dernières semaines du mois de décembre 2023.
En plus des victimes, des rues boueuses, des flaques d'eau et des tas d'alluvions ont été constatés un peu partout, notamment à travers les rues de la commune du Cap-Haïtien à la suite des intempéries qui ont frappé la commune durant deux semaines consécutives.
Pour apporter des réponses appropriées à la situation, des institutions étatiques dans le département du Nord, dont la mairie du Cap-Haïtien, la direction départementale nord du Ministère des Travaux publics Transports et Communications (DDN/TPTC), l'Office régional Eau potable et Assainissement (OREPA/Nord), et la coordination départementale Nord de la Protection civile, ont réalisé le vendredi 5 janvier 2024, une rencontre au salon de l'hôtel de ville.
S'exprimant lors d'une conférence de presse, en marge de la rencontre, les autorités ont tour à tour annoncé des mesures urgentes en vue de pallier les difficultés que fait face la commune à la moindre averse.
La présidente du conseil municipal de la commune du Cap-Haïtien, Madame Yvrose Pierre, annonce sans délai la formation d'une task force entre des institutions étatiques, dont la direction départementale du MTPTC, du ministère de l’Agriculture des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), la mairie et la protection civile afin d'apporter des réponses à court, moyen et long terme.
« Désengorgement des canaux, ramassage des déchets et d'alluvions sur la chaussée, sont des travaux qui ont déjà été entamés avec l'aide de la direction du MTPTC », a fait savoir Madame Pierre, qui dans la foulée annonce l'adoption de mesures impopulaires comme la démolition des maisons construites sur les canaux et dans tous les endroits inappropriés.
« Ces mesures vont soulever des grognes, néanmoins il faut sauver la ville, pour sauver des vies », a-t-elle ajouté tout en sollicitant du pouvoir central une allocation financière urgente pour pallier à cette désastreuse situation. « Cap-Haïtien mérite un regard particulier dans cette situation d'urgence, et la mairie ne peut pas répondre efficacement », reconnaît Madame Pierre.
Patrick Almonor, l'un des membres du conseil municipal du Cap-Haïtien, souligne le niveau de vulnérabilité de la commune et sollicite l'appui des citoyens de la commune qui, selon lui, doivent systématiquement jouer leur rôle pour maintenir la commune propre. « Tout le monde doit être conscient de cette réalité qui nécessite des mesures qui ne seront pas appréciées de tous, cependant, à des situations exceptionnelles, il faut des interventions exceptionnelles », a fait savoir M. Almonor.
De son côté, le directeur départemental Nord du Ministère des Travaux publics, Transports et Communications, l'ingénieur Louis Allande avoue la limite des interventions de la direction qu'il dirige, en conséquence, les interventions habituelles n'ont pas lieu à temps.
Selon l'ingénieur Louis, le problème de carburant demeure un handicap principal au curage et débrayage des canaux. « Il nous faut par mois 7500 gallons d'essence pour réaliser le curage des canaux au niveau des différents bassins versants du Cap, alors que nous en disposons environ une centaine pour un mois, par rapport à l'enveloppe d'un million de gourdes allouée à la direction départementale du Nord des TPTC comme frais annuel de carburant », a déclaré l'ingénieur Louis, qui toutefois promet de mettre au travail les matériels et ressources humaines nécessaires durant cette semaine pour nettoyer, enlever les déblais et curer les canaux conducteurs.
« Une réquisition est déjà adressée au ministère afin de trouver le carburant nécessaire pour effectuer sans délai les travaux appropriés », a déclaré ingénieur Louis, qui du même coup dément les informations selon lesquelles, la direction départementale du MTPTC réclame des citoyens de l'argent pour l'achat du carburant.
« Depuis des semaines, la direction départementale du MTPTC accompagne la mairie dans le cadre des opérations de nettoyage à travers toute la ville afin que la circulation soit fluide », soutient Allande Louis tout en annonçant des opérations de nettoyage dans des canaux et des égouts en permanence afin de résoudre le phénomène de ruissellement de l’eau sur la chaussée.
Toutefois, l'ingénieur Allande Louis reconnaît que si la mairie n'intervient pas pour démolir les constructions anarchiques, le travail de la direction départementale sera inefficace : « il faut coûte que coûte, des maisons soient détruites afin de faciliter le passage des engins », a-t-il expliqué.
Il faut souligner, malgré les interventions des autorités locales, de nombreux endroits dans des quartiers périphériques de la ville, notamment dans la section communale de Petite-Anse, les citoyens ne parviennent pas à vaquer correctement à leurs activités quotidiennes, en raison des eaux stagnantes dans les rues, qui nécessitent également des interventions du ministère des Travaux publics, transports et Communications.
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