Sanctions internationales : quid de la justice haïtienne un an après ?
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Plus d'un an depuis que la communauté internationale, incluant le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et la République dominicaine, a pris des mesures et imposé des sanctions à l'encontre de certains politiques et leaders économiques haïtiens pour leur implication présumée dans la corruption et leur apport dans le grand banditisme dans le pays. Cependant, malgré ces sanctions, ‘il n'y a pas eu de progrès du côté de la justice haïtienne pour amener ces élites et politiciens à rendre des comptes.
En effet, le ministère des Affaires étrangères du Canada à travers des communiqués a déclaré que des membres de l'élite politique haïtienne, dont le sénateur Rony Célestin, l'ancien sénateur Hervé Fourcand, et l'ancien président de la chambre des députés, Gary Bodeau, fournissent un soutien financier et opérationnel illicite à des gangs armés.
Des sanctions, incluant une interdiction de transactions, ont été imposées, gelant leurs avoirs au Canada. Ces mesures visent à lutter contre le blanchiment d'argent et la corruption, des problèmes soulignés également lors de sanctions précédentes à l'encontre du président du Sénat, Joseph Lambert, et de son prédécesseur, Youri Latortue.
Joseph Lambert, Youri Latortue, Gary Bodeau, Hervé Fourcand, Rony Célestin, Michel Martelly, Jean Henry Céant, Laurent Lamothe, Berto Dorcé, Liszt Quitel, Nenel Cassy, Steeve Khawly, Arnel Bélizaire, Charles (Kiko) Saint-Rémy, Gilbert Bigio, Reynol Deeb, Sherif Abdallah, Jocelerme Privert, Salim Succar, Marc Antoine Acra, Carl Braun, Jean-Marie Vorbe, André Apaid, Jimmy Chérizier, Lanmo Sanjou, Vitel’Homme Innocent, Johnson André (alias Izo), ce sont là les noms des personnalités sanctionnées par la communauté internationale.
En effet, le 2 décembre 2022, le bureau de contrôle des avoirs étrangers a désigné Rony Célestin et Richard Fourcand pour leur implication présumée dans des activités liées à la prolifération internationale de drogues illicites ou de leurs moyens de production. Le gouvernement canadien a également officialisé cette désignation. Selon le Sous-secrétaire au Trésor pour le Terrorisme et le Renseignement Financier, Brian E. Nelson, Célestin et Fourcand représentent des exemples supplémentaires de politiciens haïtiens corrompus utilisant leur pouvoir pour faciliter le trafic de stupéfiants dans la région. « Le Trésor affirme son engagement à tenir responsables les individus impliqués dans ces activités illicites qui contribuent à la déstabilisation d'Haïti. »,
Le 20 novembre 2022, le Canada a imposé des sanctions à l'ancien président haïtien Joseph Michel Martelly ainsi qu'aux anciens Premiers ministres Laurent Lamothe et Jean Henry Céant. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, avait affirmé dans un communiqué que ces individus bénéficiaient directement du travail des gangs et étaient liés à un système de corruption.
Jusqu’à présent les régimes de sanctions en cours continuent de susciter de nombreux débats dans l'opinion publique. Certains estiment que ces sanctions devraient servir de soutien judiciaire à la justice haïtienne, incitant ainsi à entreprendre des poursuites, pour étayer les accusations portées contre les personnes concernées. Depuis octobre 2022, plus d'une cinquantaine de personnalités politiques et économiques ont été sanctionnées soit par le Canada, les États-Unis pour des actes liés au financement des gangs, à la corruption et au blanchiment d'argent. Entre-temps, certains pensent que la justice haïtienne pourrait jouer un rôle crucial en collaborant avec les pays imposant ces sanctions pour garantir que les personnes concernées rendent compte de leurs actions.
Vladimir Predvil
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