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Noël : la situation du pays inquiète les commerçants

Noël : la situation du pays inquiète les commerçants

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Depuis plusieurs années, l'insécurité a profondément affecté la fête de Noël en Haïti. Face à la détérioration du climat sécuritaire, qui provoque une baisse d'activités dans tous les secteurs, des familles se trouvent dans l'incapacité de participer aux traditions festives de cette période.

 

Au niveau des marchés publics, la situation économique est grave. Malgré les allers-retours des gens, certains commerçants se plaignent de la cherté de la vie, où des clients sont incapables d'acheter les produits disponibles en raison de la cherté de la vie, soulignent-ils.

 

« Nous n'avons pas de dirigeants, nos rues sont assiégées par des gangs, ils remplacent l'État. Ils nous font payer des sommes exorbitantes pour passer avec nos marchandises. Arrivé au niveau des marchés publics, le commerce fonctionne mal, l'argent qu'on rentre est insignifiant. Les activités économiques sont en baisse, nous vivons sans aucune assistance des autorités gouvernementales. Ils ignorent complètement notre existence », a lancé Jeanne, une détaillante qui fréquente le marché public de Canapé Vert. Elle en a profité pour souligner qu'à la veille de Noël, la hausse du prix des produits de consommation et le faible niveau du pouvoir d'achat de la population sont, respectivement, à la base de la paralysie des transactions commerciales.

 

Tiblan, ainsi connu, qui vend des poissons boucanés et des frites à la ruelle Chavanne, au centre-ville de Port-au-Prince, déclare qu'il est également affecté par la situation lamentable du pays. « Normalement, lors des mois de décembre à 8 h PM, les activités fonctionnent, ses clients, dont des fonctionnaires de l'administration publique, des professionnels divers d'entreprises privées, seraient dans les rues pour commander des plats et passer une bonne partie de la nuit à consommer. Durant ces dernières semaines, le nombre de clients a considérablement baissé. Certains ont quitté le pays, d'autres ont dû fuir des quartiers avoisinants comme Carrefour-Feuilles, Martissant et d'autres endroits de la zone métropolitaine pour aller dans des villes de province. Pour d'autres, c'est l'insécurité qui les empêche de sortir la nuit », a-t-il confié.

 

Néanmoins, mis à part l'insécurité, certains citoyens soulignent que la cherté de la vie a beaucoup cassé l'ambiance de la fête. « Comme père de famille, je ne peux pas utiliser mes faibles moyens pour acheter des jouets, de nouveaux habits, participer à des échanges de cadeaux, des bals de fin d'années, des galas comme on en avait l'habitude autrefois. Aujourd'hui, je suis arrivé à un point où je me trouve incapable de plaire à mes enfants et ma famille durant cette période de fête. Le secteur de la construction, dans lequel j'exerce mes principales activités, est paralysé à cause de l'insécurité depuis quelque temps. Je n'ai pas de chantier depuis plusieurs mois », a déclaré Frédéric, un jeune plombier.

 

En revanche, la majorité des citoyens accusent le gouvernement de n'avoir pas pris de mesures pour améliorer les conditions de vie de la population durant ces dernières années. Selon plus d'un, le Premier ministre Ariel Henry, qui est à la tête du pouvoir, ne se montre pas déterminé pour résoudre la crise. Il critique également les autorités de n'avoir pas mis en place des programmes sociaux pouvant aider la population pendant ces moments assez difficiles.

 

 

Oberde Charles 

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