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État d’urgence sécuritaire : et après ?

État d’urgence sécuritaire : et après ?

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Environ sept jours après la fin de l’état d’urgence sécuritaire d’un mois déclaré le 16 mars dans certains quartiers du pays indexés dans l’alimentation de l’insécurité, la situation n’a pas connu d’évolution. Les groupes armés continuent de terroriser la population, et le gouvernement peine à trouver la bonne formule pour rétablir le calme.

Au terme d’une période d’état d’urgence sécuritaire marquée par l’inaction totale des forces de l’ordre, le climat d’insécurité, sévissant le pays depuis des mois, devient de plus en plus inquiétant. Le phénomène de kidnapping augmente de façon exponentielle au fil des jours. Les groupes armés continuent de déjouer les moindres tentatives des forces de l’ordre pour les circonscrire dans leurs quartiers. La population est livrée à la volonté des groupes armés qui décident de la circulation dans certains quartiers.

À l’entrée sud de la capitale, les groupes armés ont donné une démonstration de force à la Police nationale encore une fois le mardi 20 avril. Les bandits ont repoussé les agents de la PNH qui ont voulu placer des séparateurs pour empêcher les véhicules d’accéder à ces zones. Lourdement armés, les bandits ont investi les rues pour échanger des tirs avec les policiers, et les contraindre à battre en retraite. Pendant plus d’une heure, les groupes armés de Martissant, Grand-Ravine et de Village de Dieu ont tenu tête aux agents de l’ordre sur place. Ils ont fini par enlever les séparateurs installés par la Police.

Poussant l’audace à son paroxysme, les bandits ont pris la place des policiers pour organiser la circulation dans la zone (Martissant, sur la route nationale). Ils ont obligé les usagers à s’identifier avant de les laisser passer. Des citoyens ont été enlevés, selon des témoins qui y ont échappé de justesse. L’un des cas connus est celui du véhicule privé transportant deux employés de la Cour des comptes et des membres de leurs familles. Et, un autre citoyen, Guy Blaise, a été kidnappé aussi au cours de la soirée.

Les forces de l’ordre dépassées ?

Comme depuis des mois, pas un jour sans de cas de kidnapping dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Dans la grande majorité des cas, les victimes sont libérées contre rançon. Ceux qui ne peuvent pas payer la rançon sont détenus pendant longtemps ou tués. Les prêtres et religieuses catholiques sont encore captifs parce que l’Église catholique en Haïti n’entend pas négocier avec les ravisseurs. Pour la CEH, il n’est pas question de verser une rançon aux ravisseurs.

Au milieu de cette situation préoccupante, la PNH se révèle impuissante. Depuis l’opération échouée du 12 mars dernier, l’institution policière peine à se relever de cette lourde défaite. Aucune grande intervention de la PNH, malgré la collaboration annoncée avec les forces armées d’Haïti, n’est à signaler. Malgré le changement à la tête du gouvernement, les résultats tardent à venir. Et, l’institution policière semble moins bien équipée que les groupes armés.

L’insécurité qui sévit le pays le pays depuis des mois est, pour des spécialistes, d’ordre sociopolitique. Pour démanteler les groupes armés, il faut avoir la volonté politique au plus haut niveau de l’État, et en marquant la présence de l’État dans les quartiers en question.

Woovins St Phard

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