Leadership en situation de crise : des organisations de la société civile sensibilisent les femmes
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Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre à l’égard des femmes et des filles, l’Initiative pour le développement des Jeunes (IDEJEN), la fondation Toya avec le soutien financier de l’ONU femmes, ont organisé deux journées de séminaire d’orientation pour une trentaine d’organisations de femmes. Selon les responsables, cette initiative vise à renforcer la capacité des femmes et à les sensibiliser sur la gestion de crise humanitaire.
La responsable de l’IDEJEN, Guerda V. Previlon confie que l’organisation de ces deux jours de séminaire d’orientation autour de l’exercice du leadership en situation de crise est en effet liée à la vulnérabilité des femmes, par rapport à la dégradation du climat sécuritaire du pays. « Des femmes et des filles déplacées à cause de l’insécurité vivent dans des abris provisoires dans des conditions difficiles, elles sont des victimes directes de la violence des gangs. En ce sens, ces femmes qui viennent de l’Artibonite, de Carrefour-feuilles et d’autres endroits affectés par la guerre des gangs ont besoin d’outils pour faire face à cette situation. Elles ont besoin de compétences et de connaissances pour s’adapter, se protéger et accompagner d’autres femmes », a-t-elle expliqué.
Parallèlement, madame Previlon ajoute que les femmes haïtiennes manifestent toujours de très bonne volonté et de courage pour s’impliquer dans les affaires du pays, cependant les défis auxquels elles doivent faire face sont énormes, dont des difficultés économiques, sociales et éducationnelles.
De son côté, Sophie Havyarimana, représentante de l’ONU Femmes en Haïti, décrit d’un tableau sombre, la situation alarmante des femmes et des filles en Haïti . « Les déplacées ont besoin de faire entendre leurs cris, elles ont besoin de dénoncer les abus qu’elles subissent. Si elles ne les dévoilent pas, personne ne va les entendre, les femmes dans les camps ont besoin de protection, de formation, d’assistance, d’assainissement de leurs milieux. Les besoins sont immenses, les femmes ont besoin de s’assumer, d’exercer un leadership, de participer aux comités de gestion des camps, pour que leurs besoins ne passent pas à côté des décisions qui doivent être prises. Le camp est un milieu de vie temporaire, mais ça reste un milieu de vie qui mérite d’être mieux organisé, qui mérite de respecter les droits et la dignité des femmes et des filles», a-t-elle fait savoir.
Par contre, elle indique qu’ au sein de l’ONU Femmes, des stratégies humanitaires ont été prises en compte afin d’apporter des réponses appropriées aux femmes touchées par la violence des gangs, faire en sorte que la femme soit actrice de sa vie, capable de transformer sa vie dans les camps, et en mesure d’amélioration les conditions d’inégalités existant entre hommes et femmes dans la société.
Nadine Louis, directrice exécutive de la fondation Toya a pour sa part, rappelé aux autorités haïtiennes de prendre leurs responsabilités afin de freiner la violence et les injustices dans le pays. Elle souligne par ailleurs que des organisations de la société civile dont des organisations de femmes et féministes n’ont pas cessé d’aborder les questions de la violence faite aux femmes, en revanche, au niveau de la société, il y a une défaveur par rapport au changement souhaité au sein de la société. Elle croit en effet qu’il y a de grands impacts de ces travaux au niveau des organisations de femmes et de la société.
Néanmoins, madame Louis exige une meilleure implication de l’État dans le cadre de l’accompagnement des femmes et des filles. Elle recommande également la contribution de tous les acteurs de la société dans cette démarche.
De fait, à la programmation de cette première journée d’orientation, le Géologue Claude Prepetit a conduit un panel de discussion sur la crise humanitaire et les évènements qui peuvent engendrer la crise.
Parallèlement, Emmanuel Shneider, responsable de la section humaine au bureau des affaires humanitaires des Nations Unies en Haïti (OCHA) a fait le point sur l’architecture humanitaire en Haïti, ses composantes, les acteurs, leur mandat et la réponse. Il y a eu également un atelier de travail sur la gestion d’un camp de déplacés, son organisation et les défis.
Oberde Charles
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