Le SKL, dans son dernier rapport, dénonce la faiblesse des effectifs de la PNH
Le Sant Karl Levêque (SKL) a rendu public, mardi 27 avril 2021, un rapport accablant sur la Police nationale d’Haïti (PNH). D’après le SKL, le banditisme, la corruption et la politisation au sein de l’institution policière peuvent conduire à son effondrement. La faiblesse des effectifs de la PNH, dit-il, est l’une des causes de son incapacité à résoudre le problème de l’insécurité. Selon la norme internationale en matière de sécurité, poursuit le SKL, il faut 1 policier pour 225 habitants. Or, dans le pays, c’est 1 policier pour 1000 Haïtiens.
Dans un rapport de 26 pages intitulé « PNH : Entre le banditisme, la corruption et la politisation, l’institution se tend vers l’effondrement », rendu public mardi 27 avril 2021, le Sant Karl Lévêque (SKL), a fait la radiographie des maux qui rongent la Police nationale d’Haïti tout en évoquant l’une des causes de son incapacité à résoudre la problématique de l’insécurité. Pour le SKL le manque d’effectif de la PNH par rapport à la population globale a joué en sa défaveur dans la résolution du problème de l’insécurité.
« Si l’on se réfère au rapport BINUH 2020, l’effectif de la PNH au 4 mars 2020 est de 15 072 policiers (dont 10 % environ de femmes). De ces 15 072, a expliqué le SKL, 3 000 environ, soit un pourcentage de 20 %, sont affectés au service des anciens et nouveaux dignitaires politiques et des institutions étatiques comme la Présidence, la Primature, les ministères, etc. En tenant compte d’une population haïtienne de 12 millions d’habitants, il ne reste que 12 000 policiers au service de la population, soit un ratio policier/population de 1 policier pour 1000 Haïtiens ».
Plus loin, le rapport a fait remarquer que « la norme internationale est de 1 policier pour 225 habitants. Si Haïti devait s’y conformer, le nombre de policiers au service de la population, non compris les 3000 affectés aux dignitaires et aux instituions, aurait dû être 53 334 ». Pour la pleine efficience de la PNH, l’organisation de défense des droits humains estime que la PNH « doit avoir un effectif de 56 334 policiers ». Ainsi, ajoute le SKL, elle pourra avoir une présence réelle sur tout le territoire national.
Outre la problématique d’effectif, le SKL a souligné que la politisation de la PNH peut être un handicap majeur au bon fonctionnement de l’institution policière tout comme le fait de prendre des journalistes comme principales cibles lors de certaines manifestations. Pour le SKL, les violations des droits des policiers syndiqués sont une autre forme de politisation de la PNH.
À travers le rapport, le SKL a aussi mis l’accent sur le franchissement de grade au sein de la PNH qui est un problème majeur affectant les membres de l’institution. « Selon les informations collectées par la SKL, au cours de diverses entrevues menées avec les membres de la PNH, le franchissement de grade constitue une source de corruption inquiétante », a indiqué le rapport présenté par Jacques Charles, responsable des relations publiques au SKL et le père Gardy Maisonneuve, directeur exécutif. Toujours d’après le document, la distribution de nourriture aux policiers est une forme de corruption sans égal.
Le rapport a aussi abordé, le mode de fonctionnement de la PNH entre le banditisme et le misérabilisme, le fonctionnement des commissariats et du garage de la PNH, la discrimination au niveau de la distribution des matériels et équipements aux diverses unités de la PNH. Il a aussi mis en exergue les primes de risques au policier.
Par ailleurs, le SKL recommande, entre autres, à l’institution qui a connu une douzaine de directeurs généraux de novembre 1994 à avril 2021, d’organiser des formations continues pour les policiers promotion par promotion, d’augmenter l’effectif de la PNH, de recruter les psychologues au sein de l’institution afin de prendre soin de la santé mentale des policiers, de réajuster le budget de la PNH, de garantir l’indépendance de l’institution policière sur le plan financier, de créer des programmes de logements sociaux et d’accès aux crédits et d’augmenter le nombre de véhicules affectés au service.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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