l'insécurité empêche la production agricole dans certaines régions du pays
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L'insécurité continue d'empêcher le bon fonctionnement des activités agricoles. Des zones de production comme la Grand'Anse, une bonne partie du département de l'Ouest, le haut et le bas Artibonite sont soumis à la pression des malfrats qui obligent les agriculteurs à abandonner leurs terres. Des entreprises de ce secteur se trouvent incapables de commercer avec leurs clients et des fournisseurs sont dans l'impossibilité de livrer leurs produits en raison de l'emprise imposée par les gangs au niveau des routes nationales.
Josué Eliassaint, entrepreneur agricole, responsable de la firme de consultation agricole «AGRINOUBEL» évoque les nombreux défis auxquels font face les paysans haïtiens qui investissent leur temps et leur argent dans l'agriculture. «Malgré les différents potentiels agricoles de notre pays, on continue d'observer des années de performance négative pour le secteur agricole. Plus de 60% de la population souffre de l'insécurité alimentaire. Cela se traduit notamment par la violence des gangs dans des régions agricoles du pays, qui contraint les paysans à abandonner leurs terres, mais également cela limite le commerce des “madan Sara” entre les différents départements », a-t-il fait savoir. L'agronome en formation indique parallèlement qu'il y a, au côté de l'insécurité, les problèmes liés au changement climatique, l'absence d'une politique agricole de la part de l'État, et toutes ces difficultés représentent des obstacles majeurs au développement du secteur.
Plus loin, il souligne que la dégradation du climat sécuritaire a provoqué des pertes et découragent des entrepreneurs qui voulaient investir dans la production et la transformation des produits maraîchers. Il révèle parallèlement que de fruits, des vivres et des légumes périssent dans certaines zones alors que dans d'autres, ces produits sont rares à causes les gangs qui occupent ces territoires ou qui exigent aux commerçants agricoles des frais trop élevés pour passer les marchandises. Pour sa part, Claudel Charles, propriétaire de l'entreprise Dame-Marie Trans, une institution évoluant dans l'agrotransformation indique que ses activités ont baissé à plus de 60% durant les deux trimestres de l'année 2023. « À Port-au-Prince, où se trouve nos principaux clients, nous ne pouvons pas aboutir nos commandes. Puisque les routes sont occupées par des groupes armés nous ne sommes pas en mesure de satisfaire notre clientèle. Nous sommes en train de traverser, une période assez difficile », relate-t-il.
« À Desormeau, troisième section communale de Dame-Marie, les paysans ne peuvent pas se déplacer comme ils veulent; il y a un groupe armé qui opère dans la zone, celui-ci limite le commerce des paysans et sème la terreur comme bon lui semble. Dans la commune de Chambelan, à Boucan, il y a un gang qui est très actif, qui se spécialise dans le braquage et le vol. Ces individus empêchent les habitants de cette localité de voyager alors que toutes leurs richesses reposent sur l'agriculture. Par rapport à l'insécurité qui bat son plein dans la Grand'Anse, beaucoup de paysans préfèrent l'exode rural. Ils abandonnent les campagnes pour se concentrer à Jérémie, Anse d'Hainault, Chambelant, Abricot (...). Face à l'insécurité, la sécheresse et autre problème du département, l'insécurité alimentaire frappe beaucoup plus de personnes de la région, informe-t-il.
Néanmoins, Josué Eliassaint invite les acteurs à rétablir la sécurité sur le territoire pour la relance des activités agricoles par la mise en place d'une politique agricole en faveur des paysans, de l'accompagnement, du crédit et des financements aux agriculteurs, une prise en compte du changement climatique. Claudel Charles, à son tour, croit que la neutralisation des gangs armés sur le territoire est nécessaire, la promotion et les mises en place pour réussir la prochaine campagne agricole d'automne 2023 sont obligatoires. Donc, il conseille aux autorités d'améliorer les pistes agricoles, faciliter la commercialisation des produits et rendre accessibles les routes et les régions du pays à la population.
Oberde Charles
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