HAÏTI-INTERVENTION MILITAIRE
Des organisations de défense des droits humains appellent le Kenya à ne pas rentrer dans les jeux des pays impérialistes
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Dans une lettre ouverte en date du 21 août 2023, des organisations de la Société civile haïtienne et défense des droits humains dont Sant Karl Levêque, le Bureau des avocats internationaux, le MOLEGHAF, l'ECCREDHH et Chalenger Populaire se disent contre toute intervention militaire sur le sol haïtien. Elles ont mis en garde des pays africains contre les méfaits d'une intervention étrangère illégitime en Haïti planifiée par les pays impérialistes. « Nous mettons en garde, nos cousins et amis africains, à ne pas rentrer dans les jeux des pays impérialistes (les États-Unis, le Canada et la France) pour des miettes, mais à se solidariser au peuple haïtien», recommandent-elles.
Selon ces organisations signataires de cette lettre, une action militaire étrangère en partenariat avec le régime de facto, même si elle est étroitement ciblée, ne fera que renforcer le pouvoir du régime de facto. Cela perpétuera les schémas de mainmise de l'État et d'impunité qui conduisent à une profonde misère et à l'insécurité en Haïti et réduira l'espace pour la société civile haïtienne et les organisateurs pro-démocratiques, ce qui rendra plus difficile pour le peuple haïtien de réclamer ses droits et la démocratie. « Nous ne croyons pas qu'une sécurité durable pour le peuple haïtien puisse être atteinte par cette voie. Les interventions étrangères en Haïti ont également déjà fait leurs preuves en portant atteinte aux civils sans avoir à rendre de comptes - en introduisant le choléra, blessant ou tuant des civils et tout détruisant des biens lors d'opérations militaires, en perpétrant des actes d'exploitation et d'abus sexuels et laissant les victimes et les enfants qui en résultent sans ressources ou recours, en orientant mal l'aide et en fournissant des infrastructures défectueuses. », argumentent les responsables de ces organisations signataires.
Pour ces organismes de défense des droits humains et de la société civile, un gouvernement légitime a la possibilité d'agir pour orienter les flux d'aide de manière appropriée et assurer des garanties adéquates. Par contre, ce gouvernement de facto caractérisé par de pratiques de corruption et de massacres populaires, dépendant aussi de la Communauté internationale, n'a jamais manifesté aucun intérêt visant réellement à instaurer un climat de sécurité en Haïti ou représenter les meilleurs intérêts du peuple haïtien. Ces préoccupations sont d'autant plus pressantes que les acteurs étatiques qui ont fait un usage inapproprié de la force et qu'une flambée de choléra qui est en cours au Kenya, pays actuellement candidat à l'intervention, avancent-ils.
La volonté de la Communauté internationale (les États-Unis, le Canada et la France) d'aider Haïti ne peut justifier une action sciemment nuisible. Une véritable solidarité exige que les acteurs internationaux commencent par cesser de soutenir les acteurs responsables de la crise haïtienne, demandent ces structures. Le soutien international (les États-Unis, le Canada et la France) au gouvernement de facto, au détriment de la souveraineté nationale et des droits humains du peuple haïtien, empêche les Haïtiens-nes de trouver un compromis politique susceptible d'amorcer une transition vers démocratie et la sécurité, ont dénoncé ces organisations signataires de cette lettre ouverte. Selon elles, le régime de facto exerce un droit de veto efficace en matière d'abus de pouvoir qui sont à l'origine de la crise haïtienne, tant qu'il est considéré comme un acteur indispensable par la Communauté internationale (les États-Unis, le Canada et la France). « Cela doit cesser afin que les Haïtiens-nes eux-mêmes puissent choisir des dirigeants et une approche transitoire ayant une légitimité populaire. Ce n'est qu'à ce moment-là que la Communauté internationale (les États-Unis, le Canada et la France) pourra apporter un soutien significatif et efficace, que nous saluerons s'il découle de la reconnaissance des Haïtiens- nes en tant que détenteurs souverains des droits humains. », plaident ces responsables qui mettent en garde les amis africains, à ne pas rentrer dans les jeux des pays impérialistes (les États-Unis, le Canada et la France) pour des miettes, mais à se solidariser au peuple haïtien. Et du même coup, ils exhortent tous les acteurs à reconnaître les droits du peuple haïtien à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination. Il ressort de ces principes fondamentaux des droits humains qu'une intervention militaire étrangère à la demande et au profit d'un régime de facto illégitime, corrompu et répressif est perverse et susceptible de causer de graves préjudices. Elle n'apportera certainement pas une stabilité à long terme en Haïti, soutiennent-ils.
« Chers cousins et amis africains, en tant qu'organisations haïtiennes de la Société civile et de Défense des droits humains axées sur la garantie et la promotion de la démocratie. La défense des droits humains et de la sécurité en Haïti, nous vous écrivons pour tirer la sonnette d'alarme contre un déploiement militaire international cautionné par les pays impérialistes: les États-Unis, le Canada, la France et demandé par le gouvernement illégitime, corrompu et répressif d'Ariel HENRY; ce sont ces mêmes acteurs qui sont responsables des crises en Haïti. Si la Communauté internationale (les États-Unis, le Canada et la France) veut vraiment protéger les droits humains en Haïti et contribuer à y rétablir la sécurité, elle doit d'abord cesser de soutenir les gouvernements fantoches et donner aux Haïtiens-nes l'espace nécessaire pour mettre en place un gouvernement de transition légitime et compétent. Dans le cas contraire, il s'agira d'une nouvelle action d'ingérence étrangère et coûteuse qui n'apportera pas de stabilité durable aux Haïtiens-nes mais qui, de préférence, renforcera le pouvoir d'un groupe de politiciens antidémocratiques et exploiteurs », ont souligné ces défenseurs des droits humains qui ont également donné plusieurs raisons de leur refus d'une intervention étrangère en Haïti planifiée par les pays impérialistes.
Le régime de facto est illégal, corrompu et complice de violations des droits humains
Haïti, qui avait forgé une démocratie naissante à partir d'une dictature brutale soutenue par l'étranger dans les années 1990, n'a aujourd'hui aucun représentant élu. Le gouvernement de facto agit dans des conditions de plus en plus infernales pour la majorité de la population. Cette crise est le résultat de douze années de consolidation du pouvoir par des acteurs qui ont délibérément démantelé les mécanismes de démocratie et de justice en Haïti, encouragé la corruption et donné aux gangs le pouvoir d'utiliser la violence contre les civils en toute impunité. Le régime de facto du Dr Ariel HENRY est composé de ces mêmes acteurs et n'a aucune légitimité pour gouverner. HENRY a été nommé par des moyens extraconstitutionnels par un Président qui avait lui-même dépassé son mandat et sans l'action parlementaire requise. Sa nomination n'avait pas été finalisée au moment où le Président a été assassiné. Au lieu de cela, Dr HENRY a accédé au pouvoir plusieurs jours plus tard par le biais d'une annonce du Core Group, ont tenu à rappeler les responsables du Sant Karl Levêque, du Bureau des avocats internationaux et de Moleghaf.
« Le Premier ministre de facto Dr Ariel HENRY fait également face à de sérieuses allégations de complicité dans l'assassinat du Président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021; et son régime a permis - et probablement directement facilité - la détérioration de la situation en Haïti. Par exemple, alors que la Communauté internationale concentre ses efforts sur le soutien à la police haïtienne, il existe des preuves de l'infiltration généralisée de la police par les gangs et de sa collusion avec des chefs de gangs tels que Vitelhomme Innocent. Le régime de facto ne représente pas les intérêts haïtiens, n'a aucune autorité pour gouverner et est responsable de la création et du maintien de la crise haïtienne. Le régime de facto n'a plus l'autorité nécessaire pour demander une intervention par conséquent, Dr Ariel HENRY n'a ni la légitimité pour gouverner ni l'autorité légale pour demander une intervention étrangère et ne devrait pas être considéré comme un partenaire crédible pour les efforts internationaux de maintien de la paix », poursuivent-ils.
Vladimir Predvil
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