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Nouvelle constitution : l’Observatoire haïtien des droits humains juge ce projet illégal

Nouvelle constitution : l’Observatoire haïtien des droits humains juge ce projet illégal

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Le projet de référendum constitutionnel soutenu par l’exécutif ne fait pas l’unanimité au sein de la société. Bon nombre de partis politiques et organismes y sont contre, parmi lesquels, le OHDH. Le jeudi 6 mai 2021, au cours d’une entrevue avec le coordinateur général de cette structure précitée, Jean Renel Sistannis, fait savoir que cette nouvelle constitution garantit l’impunité et la corruption.

Pour Jean Renel Sistannis, ce projet peut mener le pays vers une crise encore plus grave que celle qu’il traverse déjà. Il critique les intellectuels qui ont participé à l’élaboration d’un tel projet, dont l’ancien président de la République et également ancien président de la Cour de cassation, Alexandre Boniface. « Des intellectuels dans ce pays ne font rien pour faire la différence avec ceux qui n'ont pas pu recevoir le pain de l’instruction », confie-t-il.

D’après le coordinateur général de la POHDH, l’État haïtien en promouvant ce projet de nouvelle constitution a surtout présenté ses avantages à la population et a caché ses inconvénients qui seront néfastes pour la société. « Si la loi existe pour harmoniser les relations sociales, elle doit être élaborée avec tous les secteurs du pays et doit refléter le mode de vie, les pratiques et les coutumes de la société. Si la loi est contraire à tout ça, elle va occasionner une situation difficile », prévient M. Sistannis. Selon son avis, ce texte nouvellement créé ne reflète pas la volonté de tous dans le pays. Il est rédigé pour garantir l’impunité, la corruption et servir comme couverture de plusieurs massacres qui ont eu lieu dans le pays.

Pour lui, le texte contient plusieurs pièges. En exemple, il cite l’article 86 du texte qui accorde les mêmes droits aux nationaux et aux étrangers ; ces derniers pouvant acheter la quantité de terre qu’ils souhaitent, exercer le métier qu’ils veulent. Cependant, dans un pays, il doit y avoir des droits réservés aux nationaux et d’autres qui aux étrangers. L’article 139, pour sa part, accorde l’immunité au président, aux ministres et aux secrétaires d’État qui peuvent faire ce qu’ils veulent avant et après leur mandat.

Le président doit être attentif à la volonté de la population. M Sistannis critique les personnes qui, au sein du pouvoir, dépeignent une situation contraire à la réalité. Selon lui, il n’y a pas 87 % de citoyens qui veulent le projet de référendum qui est décrié par beaucoup. Pour lui, la circulation de ces fausses informations relève d’un manque d’éthique. M. Sistannis admet toutefois que le pays aurait besoin d’une nouvelle constitution qui peut être rédigée qu’après un large consensus de tous les secteurs de la nation haïtienne. Me Sistannis rappelle que le projet de renouveler la constitution n’est pas primordial. Il recommande au gouvernement de Jovenel Moïse de surtout trouver une solution pour mettre un terme au phénomène de kidnapping dans le pays.

Geneviève Rose Murdith Joseph

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