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Referendum constitutionnel : les délégués du CCI et du CEP mal accueillis

Referendum constitutionnel : les délégués du CCI et du CEP mal accueillis

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Le Comité consultatif indépendant (CCI) et le Conseil électoral provisoire (CEP) veulent initier le débat sur le projet de la nouvelle constitution, mais leurs missionnaires sont mal accueillis dans plusieurs villes de province. Les habitants estiment qu’il est anormal de changer la constitution sans le consentement d’une majorité populaire.

À l’approche du 27 juin, date retenue pour l’organisation du référendum constitutionnel, le Comité consultatif indépendant (CCI) pour l’élaboration de la nouvelle constitution et le Conseil électoral provisoire (CEP) se sont engagés dans la promotion du processus référendaire. Sévèrement critiquées pour le manque de débat autour du projet, ces institutions déploient depuis quelque temps des équipes sur le terrain, notamment dans des zones reculées de la capitale, en vue de compenser l’absence d’échanges autour du projet de la nouvelle constitution. Jugeant le moment inapproprié, les citoyens pourchassent les missionnaires et exigent au président Jovenel Moise de faire marche arrière sur ce projet.

Depuis plusieurs semaines, des extraits vidéos filmés à partir de caméras amateurs tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Ces vidéos montrent des missionnaires du Comité consultatif indépendant (CCI) et du Conseil électoral provisoire impuissants face aux réactions de membres de la population qui se positionnent contre le projet de referendum constitutionnel. Que ce soit à Jean Rabel, Bassin Bleu, Port-de-Paix, Hinche, Ouanaminthe, etc. les réactions sont les mêmes. Constitution en main, les protestataires évoquent l’article 284.3 qui interdit toute consultation populaire visant à modifier la constitution par voie référendaire.

La population dénonce le comportement de juge et de parti du CEP

En plus du caractère illégal de la démarche, les citoyens dénoncent le comportement de juge et de parti du Conseil électoral. Selon eux, la démarche du CEP est politique, alors qu’il devait être au-dessus de la mêlée. « C’est au pouvoir exécutif de mettre sur pied la cellule de promotion de son projet. Le CEP ne saurait être juge et partie à la fois, en s’impliquant dans cette démarche alors qu’il a la charge d’organiser les joutes référendaires », dénoncent certains membres de la population au niveau de ces communes. Selon eux, l’implication du CEP dans cette campagne dont ils jugent propagandistes, enlève la crédibilité de l’institution, et du coup, rend le processus référendaire peu fiable.

La machine ne s’arrête pas

Entre-temps, la machine électorale avance. En dépit des revers essuyés dans les zones de provinces, les autorités n’envisagent pas de faire marche arrière. Dans une note de clarification publiée le dimanche 9 mai, le Premier ministre a, i, Claude Joseph, a fait savoir que le referendum n’est ni renvoyé ni annulé. Selon le Premier ministre qui a récemment déclaré qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour sortir le pays du chaos, ses propos ont été mal rapportés par une agence de presse de la capitale. En fin de semaine, le PM a, i avait rendu visite au Comité consultatif indépendant, au CEP et à l’Office national d’identification (ONI) afin de s’enquérir des contraintes et l’avancement de l’enregistrement des citoyens, ainsi que l’avancement du 2e draft de l’avant-projet de la nouvelle constitution.

Selon les informations divulguées par Mathias Pierre, ministre délégué chargé des questions électorales, les discussions avec le CCI ont eu lieu notamment sur les recommandations des partis politiques pour une chambre bicamérale même avec un Sénat réduit et les sièges réservés exclusivement aux femmes dans le Parlement. D’après le ministre délégué, l’appel d’offres pour l’acquisition des matériels sensibles dédiés pour l’organisation du processus référendaire et électoral a déjà eu lieu, et 29 millions de dollars sur les 40 millions prévus pour le referendum et les élections ont été décaissés pour l’achat de ces matériels qui devraient arriver en Haïti d’ici la fin du mois de mai. À rappeler que dans le cadre du processus référendaire et électoral, 3 experts internationaux seront en Haïti à partir du 17 mai 2021. Ces experts spécialisés en crimes organisés et renseignements vont accompagner la PNH dans le cadre de sa bataille contre le phénomène d’insécurité dans le pays.

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