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Ariel Henry entame sa troisième année sans mandat ni consensus

Ariel Henry entame sa troisième année sans mandat ni consensus

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Ariel Henry entame sa troisième année à la tête du pays, et la nation reste plongée dans une crise politique et sécuritaire profonde. Le neurochirurgien est arrivé à la Primature dans un contexte de chaos, marqué par l'assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021. Depuis lors, le pays se trouve sans Parlement, ce qui a alimenté des contestations sur la légitimité du gouvernement en place.

 

Au pouvoir depuis le 20 juillet 2021, Ariel Henry  gouverne sans contre-pouvoir notamment le Parlement ou tout autre organe élu, ce qui a suscité des inquiétudes quant à sa gouvernance unilatérale. Pour tenter de consolider sa position, il a signé deux accords politiques avec divers acteurs du pays, mais ces accords n'ont pas reçu un large soutien des partis politiques les plus représentatifs, laissant la crise politique inchangée.

 

La communauté internationale et des acteurs nationaux ont appelé à un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes pour trouver une issue à la crise. Cependant, malgré de nombreuses tentatives de pourparlers, aucune avancée significative n'a été réalisée. Même l'invitation de la CARICOM à des pourparlers en Jamaïque n'a pas réussi à faire bouger les positions des protagonistes.

 

Le manque de progrès est évident sur plusieurs fronts. Les promesses du Premier ministre de remanier le cabinet ministériel et de mettre sur pied un Conseil électoral provisoire sont restées jusque-là lettre morte. La situation sécuritaire se dégrade également avec la montée en puissance des bandits armés, rendant difficile la réalisation de tout projet politique. 

 

La demande du gouvernement pour l'envoi d'une force militaire en soutien à la Police nationale n'a pas non plus reçu de réponse positive jusqu'à présent de la communauté internationale.

 

Toutefois, le Conseil de sécurité de l'ONU a accordé 30 jours à Antonio Guterres, le secrétaire général, pour soumettre un rapport définissant la nature de la force à envoyer en Haïti. Certains observateurs estiment que l'incapacité des acteurs à trouver un terrain d'entente risque de poser un sérieux problème quant à la cicatrisation de la demande.

 

D'un autre côté, des observateurs accusent le Premier ministre de profiter de la situation pour se maintenir au pouvoir, notamment en refusant d'accepter la proposition du camp adverse relative à la mise en place d'un exécutif à deux têtes. Des militants politiques qui se sont exprimés lors de conférences de presse estiment que l'occupant de la Primature de la république n'a aucune intention d'organiser des élections pour céder le pouvoir à des élus légitimes.

 

 

Esdra Jeudy 

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