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La Commune de Ouanaminthe avec une "factorie accueillant 14 mille ouvriers" fonctionne sans aucun bureau du MAST

La Commune de Ouanaminthe avec une "factorie accueillant 14 mille ouvriers" fonctionne sans aucun bureau du MAST

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La crise que connaît actuellement le pays touche tous les compartiments de la vie nationale. Les institutions étatiques, pour la plupart, quand elles ne sont affaiblies, sont quasiment inexistantes. Ouanaminthe, commune où se trouve une usine de sous-traitance, où travaillent environ 14 mille ouvriers, fonctionne depuis 3 ans sans aucun bureau du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST).

Dans une correspondance adressée à la ministre par intérim des Affaires sociales et du Travail, Marie Gislhaine Mompremier, Me Magnekell Regulus ne passe pas par quatre chemins pour mettre à nu un problème qui affecte surtout la classe ouvrière dans le département du Nord-est, principalement dans la commune de Ouanaminthe. D’après celui, qui se dit être un défenseur indépendant des droits humains, la commune de Ouanaminthe fonctionne sans aucun bureau du ministère des Affaires sociales et du Travail depuis trois ans.

En effet, d’après l’avocat, dans cette commune, il y a une « factorie » qui héberge environ 14 mille ouvriers, qui ont sans doute besoin l’assistance du MAST pour « trancher parfois sur certains conflits de travail dus aux mauvais traitements des patrons ». C’en est le cas également, dit-il, pour des jeunes qui travaillent comme agents de sécurité, infirmiers ou infirmières, médecins, professeurs, ménagères, caissiers ou caissières dans des entreprises privées. Pour Me Regulus, il est important qu’il y ait un bureau du MAST pour desservir ces nombreux citoyens.

Toutefois, l’avocat a précisé que la commune de Ouanaminthe compte déjà un directeur et des employés du MAST, mais sans aucun espace de travail. Plus loin, il a mis en évidence les conséquences que cette faiblesse étatique, qui peuvent avoir des incidences sur les citoyens. « Une telle situation est exploitée par la CODEVI, pour révoquer de façon irrégulière des ouvriers chaque mois, alors que ces derniers n’ont aucun organe de recours, puisque votre ministère est physiquement absent », peut-on lire dans cette lettre datant du 7 mai.

Plus loin, Me Regulus a profité pour dénoncer l’inégalité salariale dans la « factorie » entre les Haïtiens et les dominicains qui font le même travail tout en mettant en exergue le cadre légal. « L’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du Citoyen de 1948 a consacré le principe : à travail égal, salaire égal ». Il a aussi fait remarquer que l’art 311 du Code du travail haïtien fait « injonction à n’importe quel employeur de s’assurer que sa politique salariale ne va pas à l’encontre du principe « à travail égal, salaire égal » ». En ce sens, l’homme de loi demande à la ministre de mettre fin à cette discrimination qui existe depuis longtemps.

Dans une interview accordée à la radio télévision Pacific ce mardi 11 mai 2021, l’avocat a fait savoir si le MAST n’a pas répondu à sa demande, il va porter le dossier plus loin en écrivant à l’Office de la protection du citoyen (OPC). Faut-il rappeler que le siège social du MAST se trouvant dans la capitale haïtienne a souvent été dysfonctionnel ces derniers temps ? En effet, sous la gestion de l’ancienne ministre Nicole Yolette Altidor, les activités au sein de cette institution étatique dirigeant la politique sociale du gouvernement ont souvent été paralysées.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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