Un conflit terrien divise depuis environ trois ans la communauté de Prévoyance et met en cause les autorités
La ville frontalière de Ouanaminthe, dans le Nord-est, est le théâtre d'un conflit foncier qui divise la communauté de Prévoyance située dans la 4e section communale de la circonscription de Ouanaminthe (Savanne-au-lait) depuis trois (3) ans. En effet, des dizaines d'habitants et de cultivateurs de cette localité sont en opposition avec un groupe de 40 personnalités pour la plupart des entrepreneurs qui déclarent être propriétaires d’une portion de terrain estimée à 165 carreaux.
Les «acheteurs», au cours des déclarations tenues cette semaine, accusent le directeur général de l'INARA, Armand Eberle, originaire de la localité de Prévoyance de vouloir distribuer cette parcelle de terre qui, selon eux, leur appartient en dépit d'une ordonnance rendue en date du 9 mai 2021, par le doyen du tribunal de première instance de Fort-Liberté (TPI) Me Wilfrid Brutus, interdisant à ce dernier d'interférer dans cette affaire.
Cette démarche est dénoncée par l’ensemble des «propriétaires», dont Henry Claude Nelson qui n’a pas caché sa frustration : «Nous avons investi beaucoup d'argent pour acheter cette terre et nous détenons des titres de propriété légitime. Le directeur de l'INARA n'a pas le droit de prendre des décisions qui mettent en danger notre propriété», a-t-il martelé. «Ce conflit constitue un problème majeur qui exige des solutions urgentes. Les autorités judiciaires du Nord-Est font état de pression et d’intervention mal venue, voire illégale, de la part de hauts fonctionnaires qui ont tout fait pour court-circuiter les autorités de la juridiction dans ce dossier», poursuit M. Nelson.
De son côté, le titulaire de l'INARA, Armand Eberle, qui a un mandat d'amener émis contre lui par le juge instructeur du dossier Magarette Toussaint Georges, en date du 17 avril 2022, a affirmé que sa démarche vise à régulariser ces terres occupées par les paysans depuis 86 ans : «Nous travaillons pour régulariser la distribution de ces terres qui ont été occupées illégalement par ces hommes et femmes», a déclaré M. Eberle tout en rejetant les accusations portées contre lui.
Malgré une ordonnance du tribunal de Première instance de Fort-Liberté datant du 9 mai 2021, interdisant la distribution de ces terres aux résidents de la zone, le directeur général de l'INARA persiste et signe.
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