Referendum : avec ou sans accord ?
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Avec ou sans accord politique, le pouvoir en place avance dans l’exécution de son agenda. Claude Joseph, qui devait laisser sa place à un Premier ministre de consensus, a été reconduit à la Primature pour une période de 30 jours. Son gouvernement sera le principal artisan du referendum constitutionnel.
Par un arrêté présidentiel, Claude Joseph a été reconduit comme Premier ministre a.i. pour une durée de 30 jours. Ce qui sous-entend que l’actuel gouvernement sera le principal artisan du referendum prévu au 27 juin prochain. Or, avant cette date, le chef de l’État envisageait de trouver un accord avec les différents partis de l’opposition pour la mise en place d’un gouvernement de consensus afin d’avoir les coudées franches pour organiser le referendum constitutionnel et les élections.
Face à une pareille réalité, faut-il croire que le pouvoir a décidé d’abandonner le processus de recherche du consensus, et d’avancer sans l’accord politique tant prôné ? Rejetée par l’aile dure de l’opposition, qui pose le départ du chef de l’État comme unique condition à tout processus de dialogue, l’entente a toujours été difficile à trouver entre le pouvoir en place et l’opposition, en dépit des insistances de la communauté internationale qui a accepté de jouer le rôle de médiateur.
Au début du mois de mai, le chef de l’État, à travers son ministre des Affaires étrangères, a sollicité la médiation de l’Organisation des États américains (OEA) dans le cadre de ce projet de dialogue devant conduire à un accord politique en vue de la mise en place d’un gouvernement d’ouverture. À date, aucun communiqué officiel ne fait état de la présence de cette mission de médiation en Haïti. Mais le pouvoir donne l’assurance qu’elle sera dépêchée en Haïti prochainement.
Contactés à ce sujet, des leaders de l’opposition nient tout processus de dialogue, et affirment être en train de chercher le sens de la démarche de médiation du pouvoir qui, selon eux, n’arrive pas à comprendre que le chef de l’État fait obstacle à tout processus de réalisation d’un dialogue, et que la réalisation des grands chantiers politiques dans le pays passe nécessairement sa démission. Dans ce tunnel, on est encore loin du bout. Pourtant, le pouvoir en place n’envisage pas de baisser les bras.
Cap sur le referendum et les élections
En attendant l’arrivée du consensus, le cap est mis sur l’organisation du referendum en vue de doter le pays d’une nouvelle constitution. Le Conseil électoral provisoire (CEP) et le Comité consultatif indépendant (CCI) pour l’élaboration de la nouvelle constitution contournent presque tous les obstacles. Mal accueilli dans les villes de province, les membres du CCI et du CEP ont lancé la semaine dernière, sur les réseaux sociaux, une série de discussion et d’échanges sur la nouvelle constitution
Ce week-end, l’institution électorale informe avoir reçu une première cargaison des matériels non sensibles destinés à la tenue du referendum. Cette première cargaison contient 67 boîtes renfermant 24 050 bouteilles d’encre indélébile et 2 950 kits de formation. Au moment de reconduire Claude Joseph à son poste de Premier ministre a,i., le président de la République avait indiqué que le moment est venu pour trouver une issue favorable à cette crise qui dure depuis 35 ans dans le pays. Le projet de referendum est l’une des pommes de discorde qui empêchent la tenue de ce dialogue tant rêvée par le locataire du Palais national. Et cette dépense, effectuée dans l’achat des matériels pour le referendum, témoigne de la volonté du gouvernement en place d’avancer vers son agenda avec ou sans accord politique, d’après certaines structures de l’opposition.
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