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Julie Chung critique sévèrement le retard pris dans l’organisation d’élections en Haïti

Julie Chung critique sévèrement le retard pris dans l’organisation d’élections en Haïti

Le modèle de gouvernance en Haïti et les élections pour le renouvellement du personnel politique restent la principale préoccupation des États-Unis à l’égard Haïti. Dans un message adressé à la nation haïtienne à l’occasion de la célébration de la Fête du drapeau, les États-Unis ont déploré cette mode de gouvernance à sens unique et le retard observé dans les organisations des prochaines élections législatives et présidentielles dans le pays.

Dans son discours sur les engagements électoraux des États-Unis en Haïti, ce mardi, Julie Chung, secrétaire adjointe par intérim du Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du département d’État des États-Unis, a fait savoir que le mois de mai est l’occasion de célébrer et de réfléchir sur les nombreuses contributions d’Haïti envers le monde, et en particulier envers les États-Unis. Le monde entier, dit-elle, attend avec impatience de voir Haïti surmonter ses divisions internes pour planifier, organiser et tenir des élections opportunes qui conduisent à une transition de pouvoir entre un dirigeant démocratiquement élu et un autre dirigeant démocratiquement élu.

De l’avis de Mme Chung, dans une démocratie représentative, le peuple dispose du droit de choisir les dirigeants qui légiféreront et gouverneront en leur nom. Cette proposition, croit-elle, ne fonctionne que si les gens peuvent le faire sur une base régulièrement. Elle poursuit pour expliquer que la démocratie électorale constitue le fondement d’un État stable et prospère. En comparaison avec d’autres pays de la Caraïbe et l’Amérique latine qui ont réussi à organiser les élections en dépit des problèmes d’infrastructure et de graves divergences politiques, Julie Chung pense qu’il est possible de réaliser ce même exploit en Haïti, afin de faire de la démocratie de ce pays non une exception, mais un exemple.

La diplomate est consciente que l’environnement politique fragmenté d’Haïti a paralysé le pays et menacé le bien-être des citoyens ordinaires. Face à une pareille réalité, Julie Chung encourage un effort commun de la part des acteurs. Selon elle, les dirigeants politiques et de la société civile doivent surmonter leurs divisions pour atteindre l’objectif supérieur de restauration de la démocratie et de la stabilité. « Plus les dirigeants haïtiens de divers secteurs de la société participent, plus cette tâche sera facile », ajoute-t-elle, avant de souligner que les élections législatives qui auraient dû se tenir en 2019 se font attendre jusqu’à date, et que les conséquences de ce retard sont catastrophiques.

En termes de conséquences à ce vide, Julie Chung a parlé la naissance d’un pouvoir exécutif non contrôlé depuis janvier 2020, puisque la Chambre basse n’existe plus et qu’il y a trop peu de sénateurs pour atteindre un quorum et la non-séparation des pouvoirs. Une situation qui, d’après elle, ne fait que remettre en question les préceptes fondamentaux de la démocratie haïtienne.
En outre, elle a souligné la période de gouvernance par décrets exercée par le président de la République. Cette mode de gouvernance qui a conduit à l’annonce de la création d’une agence nationale d’intelligence problématique, à la réduction du rôle d’institutions clés comme la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, et à la destitution et au remplacement de trois juges de la Cour de cassation, a créé beaucoup de controverse au sein de la société. Et la décision du chef de l’État de tenir un référendum pour amender la constitution de 1987 ajoute encore plus de controverse dans le modèle de gouvernance en Haïti ces derniers temps.

La démocratie haïtienne ne peut pas continuer ainsi, insiste la diplomate américaine. Les élections législatives sont le moyen démocratique de mettre fin à la gouvernance prolongée d’Haïti par décrets. Les élections présidentielles sont nécessaires pour transférer pacifiquement le pouvoir d’un dirigeant démocratiquement élu à un autre. En ce sens, elle renouvelle ses exhortations de 2019 à l’égard du pouvoir en place, consistant en la priorisation d’un modèle de gouvernance axée sur la lutte contre l’insécurité, la corruption, et le renforcement de l’économie nationale. Mais elle n’écarte pas la nécessité d’un gouvernement doté de pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire qui intensifiera ses efforts pour faire avancer le pays.

Ainsi, elle lance un appel aux acteurs politiques d’Haïti à se réunir et à convenir des mécanismes nécessaires pour organiser des élections libres et équitables en 2021, des élections crédibles qui reflètent la volonté du peuple haïtien. « Les besoins du peuple haïtien sont beaucoup trop pressants pour que les élections soient encore retardées. Les demandes du peuple haïtien pour la sécurité, l’éducation, les soins de santé, l’emploi, la transparence et les opportunités qu’il mérite sont justes. Julie Chung croit qu’il est temps que le peuple haïtien cesse de se battre une Haïti libre, une Haïti exempte de corruption, exempte d’anarchie, exempte d’enlèvements, exempte de pauvreté et de gouvernance unilatérale, et que le pays soit enfin stable démocratiquement.

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