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Bel-Air et Cité Soleil : le RNDDH critique le laxisme des autorités haïtiennes

Bel-Air et Cité Soleil : le RNDDH critique le laxisme des autorités haïtiennes

Un rapport publié sur les massacres qui ont eu lieu au Bel-Air et à Cité Soleil par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) critique la non-intervention des autorités étatiques et policières lors de ces attaques perpétrées par les bandes armées. Ce document tient compte des résultats des enquêtes du RNDDH s’inscrivant dans la période allant d’août 2020 à mai 2021 en ce qui à trait au Bel-Air et de janvier à mai 2021 pour ce qui concerne Cité Soleil.

Au moins 81 personnes ont été assassinées au Bel-Air, entre août 2020 et mai 2021. Selon ce que rapporte le RNDDH, 24 personnes sont portées disparues et 18 autres blessées par balle, 165 maisons ont été incendiées, 13 autres pillées. Plusieurs de ces victimes, livrées à elles-mêmes, se retrouvent dans la rue, sur les places publiques. Le Réseau national des droits humains en a dénombré 262. D’autre part, dès le début de l’année 2021, Cité Soleil a enregistré des attaques perpétrées de manière sporadique. Au moins 44 personnes ont été assassinées par balle, parmi lesquelles 11 femmes. De plus, 7 personnes sont portées disparues, 15 ont été blessées et une femme a été violée, 3 maisons ont été incendiées et 132 enfants sont devenus orphelins à Cité Soleil.

D’après ce que rapporte le RNDDH, l’institution policière n’a fait aucun cas des victimes malgré leur appel au secours. « Dans l’après-midi du 31 août 2020, après deux heures d’appels ininterrompus, le service 114 leur a répondu que les véhicules disponibles n’ayant pas d’essence, la PNH ne peut leur venir en aide», lit-on dans le rapport. Malgré la présence de deux blindés de la Police nationale d’Haïti, assurant les patrouilles dans la zone le 12 décembre, des bandits armés en provenance de la « base Krache dife » ont ouvert le feu et endommagé l’un des blindés. « Les policiers ont appelé en renfort les « backups » affectés dans le périmètre. Ces derniers ont répondu n’avoir pas reçu l’ordre d’intervenir de leurs supérieurs», fait savoir le RNDDH.

Dans le cas de Cité Soleil, l’absence d’équipements adéquats et suffisants pour faire face aux bandits ainsi que le problème d’effectif de policiers ont été les raisons présentées par le responsable du commissariat pour expliquer leur inaction. Le Réseau national des droits humains fait également état de l’inaccessibilité de plusieurs zones comme Nan Belekou, Nan Boston et Nan Brooklyn ou les policiers ne sont pas les bienvenus. De même, les pluies diluviennes, qui ont eu lieu, ont aggravé l’inaccessibilité de ces quartiers. De plus, les antennes de la PNH, installées à proximité de ces endroits précités ne disposent pas d’équipement, d’armes et de munitions adéquats et suffisants. Pas de travaux du ministère des Travaux publics Transports et Communication pour réaménager la voie routière, décrit le RNDDH dans son rapport.

Les victimes, de leur côté, ne portent pas plainte au commissariat de leur zone; au tribunal non plus, rapporte le magistrat Jean Brunet Noel, juge suppléant du tribunal de paix de Port-au-Prince, section Nord. Les magistrats interviennent uniquement pour dresser les procès-verbaux, dit-il. Pour sa part, le magistrat Oreste Félix, juge suppléant au tribunal de paix de Pétion-Ville, fait savoir qu’aucun constat de ces attaques n’a été réalisé non plus. À cela, s'ajoutent les grèves lancées par le personnel de l’appareil judiciaire haïtien rendant non fonctionnel le tribunal susmentionné.

Fort de ces constats, Le Réseau national des droits humains reproche l’Inspection générale de la PNH qui n’a jamais mené d’enquêtes ni sanctionné les policiers indexés malgré les nombreuses dénonciations relatives à l'utilisation des équipements de la Police nationale haïtienne par les gangs armés. Dirigée depuis le 5 juin 2020 par Frantz Iderice, sous recommandation de Iscard Andrice, chef de Nan Belekou, membre du G9 en fanmi et alye, rapporte le RNDDH, la caisse d’assistance sociale soutient les gangs armés. Selon l’organisation des droits humains, les ressources, qui auraient dû être allouées aux personnes âgées ou souffrant d’un handicap physique, sont détournées par les autorités étatiques pour le renforcement des gangs armés. Pour le RDNH, ces attaques enregistrées au Bel-Air et à Cité Soleil constituent des crimes d'État. Le RNDDH demande aux autorités étatiques et au CSPN, de mettre fin aux attaques, d’arrêter et de remettre aux autorités judiciaires les bandits armés qui sèment le deuil et la terreur au sein de la population, et de sanctionner ceux qui supportent les bandits en utilisant les maigres ressources de la PNH.

Geneviève Rose Murdith JOSEPH

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