Le kidnapping ne faiblit pas
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En dépit d’une supposée trêve, ces derniers jours, les actes de kidnapping ont repris et continuent de faire des victimes au sein de la population. En début du week-end écoulé, soit le 21 mai, une étudiante et son compagnon ont été enlevés à Pétion-Ville. Au moment d’apprendre la nouvelle, la mère de la victime a succombé suite à infarctus foudroyant.
Partout dans le pays et depuis un certain temps, l’information phare qui circulait faisait état que le gouvernement aurait payé des bandits pour faire baisser le kidnapping. Questionnés au sujet d’une trêve négociée avec les gangs actifs dans le kidnapping, les membres de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) n’ont pas confirmé cette information et ont préféré se murer dans le silence. Le ministère de la Culture et de la Communication, de son côté, avait balayé, d’un revers de main, cette information. Pour sa part, le directeur général par intérim de la Police nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles, a indiqué lors d’une conférence tenue le 21 mai 2021, que l’institution qu’il dirige n’est pas au courant d’un quelconque accord ave les gangs.
Trêve ou pas, les enlèvements ont quasiment cessé pendant quelques jours (dizaine). Ce qui a permis un regain d’activité dans les rues. Cependant, quelques jours après, les bandits semblent avoir repris du service. Alors qu’il était à son domicile, Carradeux, au quartier « Bois d’hommes », à Tabarre, l’homme d’affaires, l’ingénieur Dave Augustin a été enlevé le 20 mai dernier. Les ravisseurs ont exigé une forte somme d’argent en échange de sa libération.
À Pétion-ville, l’étudiante Velinda Charpentier ainsi que son compagnon ont été enlevés le vendredi 21 mai 2021 alors qu’ils se rendaient à un restaurant. Après avoir appris son enlèvement, la mère de la victime, Agela Veline, est brutalement décédée des suites d’un arrêt cardiaque.
Si l’insécurité grandissante, notamment avec les cas de kidnapping qui refont surface, tend à alimenter, une fois de plus, une psychose de peur chez les citoyens, la remontée des cas de Coronavirus dans le pays en fait autant, surtout quand on tient compte de sa létalité qui est énorme depuis la découverte des variants anglais et brésilien dans le pays.
Par ailleurs, faut-il signaler, l’insécurité qui sévit dans le pays continue toujours d’inquiéter la communauté internationale. Dans une rencontre avec le président Jovenel Moïse le 24 mai, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, a indiqué avoir exprimé son inquiétude « face à l’aggravation de l’insécurité en Haïti et l’importance d’assurer des élections libres, justes et transparentes en 2021… »
Alors que la CNDDR est très critiquée pour avoir proposé aux gangs armés de se fédérer, le gouvernement recherche toujours auprès des partenaires de la communauté internationale, un appui en vue de mettre en œuvre le Document de stratégie nationale de désarmement, de démantèlement, de réinsertion et de réduction de la violence communautaire en Haïti. Dans l’attente d’une solution concrète avec la question d’insécurité, la population civile reste toujours livrée à elle-même.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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