Deuxième journée de réflexion sur l’avant-projet de la constitution : des participants insatisfaits
Cette deuxième journée d’atelier lancée le 25 mai par le ministre chargé des questions électorales et des relations avec les partis politiques a laissé les participants sur leur faim. En effet, un mouvement de mécontentement a éclaté au cours de cet atelier qui a pris fin avec des politiciens insatisfaits et qui critiquent le manque de préparation dans réalisation de ces deux jours d’atelier.
Plus d’une centaine de représentants de partis politiques se sont réunis, à Port-au-Prince, pour débattre sur l’avant-projet de constitution, a un mois environ de la réalisation du referendum. Ces responsables politiques ont, pour la plupart, exprimé leurs désaccords avec la majeure partie des articles proposés dans le document. « Nous sommes un groupe de partis politiques ayant participé aux discussions sur cet avant-projet de constitution dont le contenu doit être modifié à 80% », a fait savoir Wilson Joseph, président de la plateforme PPG-18. Selon lui, cette nouvelle constitution accorde trop de pouvoir au président, ce qui risquerait de fragiliser la démocratie. Pour lui, le pouvoir exécutif doit avant tout parvenir à un accord avec tous les partis politiques avant de réaliser le referendum.
En guise de bilan après ces deux journées d’atelier, les personnes qui ont répondu à l’invitation du ministre Mathias Pierre ont fait savoir que ces deux journées n’ont donné aucun résultat probant. Certaines parlent même d’exclusion. Elles demandent à être plus impliquées et que leurs réserves en rapport à divers articles de l’avant-projet soient prises en compte. C’est le cas de Jasmin Gérôme qui critique les articles 87 et 88 relatifs au droit de propriété accordé aux étrangers. « Si ces articles ne sont pas modifiés, des étrangers qui ont plus de moyens que nous, pourraient acheter le pays et nous, autochtones, on pourrait perdre nos titres de propriété », prévient-il. Selon lui, des changements systématiques doivent être apportés à ces articles qui, également, doivent être définis plus clairement.
Plus catégorique, Edwige Jérôme, membre du parti Solidarité des unités démocratiques dévouées (SUDD) fait savoir qu’il est contre le referendum. Il explique sa présence aux deux journées par le fait qu’il a l’obligation de défendre les intérêts du pays. Cependant, il est convaincu qu’un changement de constitution est inévitable. Il prône une conférence nationale d’où résulterait une nouvelle constitution. Un referendum est inconstitutionnel, laisse-t-il entendre.
D’autres participants cependant disent être prêts à participer au referendum pour sanctionner l’avant-projet de la nouvelle constitution. Alors qu’un autre groupe est pour un report du referendum arguant que la situation d’urgence sanitaire dans laquelle se trouve le pays est prioritaire.
Pour sa part, les États-Unis recommandent l’inclusion des partis politiques dans un processus de dialogue et l’organisation des joutes électorales. Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, avait cependant fait savoir en date du 29 avril : « nous avons souligné auprès du gouvernement haïtien que le gouvernement américain ne financerait pas la tenue d’un referendum constitutionnel. » Mais pour le ministre chargé des questions électorales et des relations avec les partis politiques, Mathias Pierre, la date du 27 juin est toujours maintenue pour la réalisation du referendum.
Geneviève Rose Murdith Joseph
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