HAÏTI / FORMATION DU CEP
« Les élections ne sont pas possibles dans ce contexte de crise sécuritaire aigüe », estime l’ANMH
L’Association nationale des médias haïtiens (ANMH,) à travers une correspondance adressée au Premier ministre Ariel Henry en date du 24 avril 2023, dit décliner l’invitation relative à la mise en place du prochain Conseil électoral provisoire (CEP). Pour cette structure, l’environnement sécuritaire n’est pas favorable à la tenue d’élections au pays. « On ne peut pas jouer à la politique de l’autruche alors que les choses se détériorent. La Police nationale d’Haïti peine à accomplir correctement sa mission. L’ANMH ne peut pas marcher dans cette logique irréalisable », a déclaré Jacques Sampeur.
« Après consultations internes, L’ANMH a convenu de ne pas prendre part à cette initiative et a choisi de décliner votre invitation. L’argument de la majorité de nos membres est que la question de l’insécurité qui affecte la vie nationale, de toute évidence, échappe au contrôle de votre gouvernement. À notre avis, organiser des élections dans un tel contexte est tout simplement irréaliste. Par ailleurs, nous restons fermement attachés aux prescrits de notre Constitution sur la manière de former le Conseil électoral. Aussi, ne comprenant pas le bien-fondé de la nouvelle formule adoptée par votre gouvernement, nous avons opté pour rester en dehors de ce nouveau processus », peut-on lire dans la note de l’Association nationale des médias haïtiens portant la signature de son président, Jacques Sampeur.
Selon Jacques Sampeur, le gouvernement est absent, le pays est comparé comme un bateau sans capitaine et sans équipages. Nous ne sommes pas dans une polarisation extrémiste, mais la situation doit être améliorée pour se pencher vers les joutes électorales honnêtes et démocratiques, a tenu a faire savoir le journaliste senior. La population doit se réveiller, la peur doit changer de camp. L’inacceptable ne doit pas être accepté. L’état est absent, le gouvernement n’a pas le contrôle du pays et nous faisons face aujourd’hui à la vengeance populaire. Cela doit changer. Nous avons besoin de vrais leaders pour mener à bien la barque du pays, a-t-il poursuivi lors d’une interview accordée au quotidien Le National ce mercredi 26 avril 2023.
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