Le Conseil de sécurité doit agir immédiatement contre la violence des gangs en Haïti, selon Maria Isabel Salvador
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Lors d’une assemblée du Conseil de sécurité des Nations unies, organisée ce mercredi 26 avril 2023 à New York, des représentants de plusieurs pays ont fait le point sur la détérioration du climat sécuritaire et humanitaire en Haïti. La représentante du secrétaire général des Nations unies en Haïti, Maria Isabel Salvador, appelle le conseil à agir immédiatement contre la violence des gangs qui prévaut sur le territoire. Le ministre des Affaires extérieures dominicaines, Roberto Alvarez, a en effet qualifié cette crise de catastrophe et parallèlement qui a de grandes conséquences sur la République dominicaine. En outre, ils voient l’urgence pour une intervention militaire en Haïti, dans le but de rétablir le calme et la paix dans le pays.
Participant pour la première fois à la tribune des Nations unies comme cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et également comme représentante du secrétaire général de cette institution en Haïti, Maria Isabel Salvador se dit consciente de la crise et de toute son ampleur dans le pays, gangrené par l’instabilité et de la violence des gangs depuis quelques temps. « Pendant ma première semaine en Haïti, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec des représentants de la société civile, avec des autorités locales et des représentants du pouvoir public. J’ai également pu circuler dans certaines rues de Port-au-Prince, j’ai ressenti la tension qui régnait, j’ai pu aussi comprendre la crainte qui accompagne la population au quotidien. Lors de mes interactions avec les Haïtiens, ils ont également montré leurs volontés pour renouer le pays d’un dialogue en vue de sortir le pays de cette instabilité », a soumis le diplomate équatorien par devant l’assemblée onusienne. Parallèlement, elle indique que la violence des gangs a augmenté depuis le premier trimestre de cette année où les gangs contrôlent la majeure partie du pays. 80 % de la capitale est sous le contrôle de ces groupes armés.
Le ministre des Affaires extérieures dominicaines, Roberto Alvarez Gil, a, pour sa part, qualifié de catastrophe la situation actuelle d’Haïti. « Le peuple haïtien vit une tragédie qui met en péril son intégrité physique et émotionnelle. La situation est dramatique et catastrophique, or ceux qui tirent les ficelles dans le monde n’ont pas encore pris la mesure de la gravité de cette crise. Nous devons reprendre à notre compte l’appel lancé par le pape François, qui nous a invités à regarder avec attention la situation en Haïti et qui doit interpeller les acteurs politiques haïtiens et la communauté internationale à trouver une solution véritable et définitive, en vue de mettre un terme au fléau que vit le peuple haïtien », a révélé M. Alvarez.
M. Victor Geneus, le ministre des Affaires étrangères d’Haïti, qui a participé à cette assemblée, soutient que l’heure est grave pour la population haïtienne, et malgré les efforts du gouvernement, les gangs continuent d’intensifier leurs exactions presque dans tout le pays. « La situation a considérablement détérioré durant les 48 dernières heures. Les scènes épouvantables de violence, enregistrées dans les rues de Port-au-Prince, traduisent la colère exaspérée d’un peuple qui ne peut plus accepter de subir passivement la violence des gangs. Le spectre effrayant d’affrontements violents se dessine déjà avec des conséquences néfastes qu’on peut s’imaginer. Il faut agir vite avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il martelé.
Avec un rapport déjà très lourd pour Haïti par devant le conseil, Mme Salvador rappelle qu’au cours du premier trimestre 2023, le nombre d’incidents criminels enregistrés a plus que doublé pour atteindre 1 647, contre 692 incidents criminels, tels homicides, viols et enlèvements enregistrés en 2022. Face à cette situation, la représentante du secrétaire général de l’ONU en Haïti plaide pour le renforcement de la PNH, malgré que cet organisme de sécurité fait face à d’énormes difficultés. « Des situations ont réduit à l’effectif opérationnel de 14 772 à environ 13 000, dont seulement 9 000 sont en poste actuellement. Au-delà du soutien qu’on doit apporter à la PNH. Madame Salvador croit que des mesures politiques doivent être prises pour le renforcement des institutions et la réalisation des élections. Par conséquent, la cheffe du BINUH souligne qu’une intervention militaire est donc urgente, pour la garantie de l’État de droit et la sécurité en Haïti.
Le diplomate dominicain, Roberto Alvarez, souligne que la crise haïtienne a d’énormes conséquences sur son pays et nuit à la bonne relation de ces pays voisins. M. Jean Victor Geneus, le représentant d’Haïti, soutient que l’heure est grave et la population haïtienne est prise en otage par les gangs armés et leurs commanditaires. En ce sens, il soulève que seule une force armée peut aider à endiguer la violence et contribuer au retour à la paix, le calme et la sécurité dans le pays.
Oberde Charles
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