HAÏTI / INSÉCURITÉ
Des organisations de la société civile lancent un cri d’alarme
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Les bandits armés opérant dans différentes régions du pays intensifient, depuis le début de l’année. Les attaques armées et massacres contre la population civile plongent de milliers de familles dans le désespoir. Les bandits armés sans inquiétudes étendent leurs tentacules en contrôlant de plus en plus de territoires. Face à la situation désastreuse, des structures de la société civile telle que RNDDH, défenseur plus et GRAM + tirent la sonnette d’alarme.
« Le RNDDH condamne avec véhémence le climat de terreur instauré et maintenu dans le pays par ceux-là qui doivent protection à la population haïtienne. Il est clair que les bandits armés, protégés par la coalition politique au pouvoir, ont reçu carte blanche pour s’en prendre à la population civile livrée à elle-même » soutient le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans son rapport publié le 24 avril 2023.
Le Réseau est revenu dans le document sur les événements sanglants produits ces derniers mois, notamment la situation qui prévaut à Source Matelas où, depuis le 19 avril 2023, des bandits armés opérant à Canaan et à Titanyen, respectivement dirigés par les chefs de gangs Jeff Larose et Jean Auguste Cherisme, alias général Bogi, orchestrent une attaque meurtrière contre la population, de cette localité située dans la commune de Cabaret. Ils ont été renforcés par le gang armé dirigé par Johnson André, alias Izo 5 secondes, le caïd de Village de Dieu, révèle le RNDDH.
Encore dans la nuit du 19 au 20 mars 2023, des hommes lourdement armés dirigés par le chef de gang Vitelhomme Innocent ont mené une attaque armée contre les localités de Cargo et de Tunnel. Les malfrats avaient accusé la population de ces deux localités d’avoir exécuté certains de leurs acolytes.
« Au cours de cette violente attaque, au moins neuf (9) personnes ont été tuées. Les cadavres de six (6) d’entre elles ont été calcinés. Quatre (4) parmi les victimes, dont le chauffeur, se trouvaient dans une camionnette » au total « trois (3) personnes sont blessées par balle, au moins soixante-deux (62) maisons ont été incendiées et vingt-six (26) autres maisons ont été pillées et/ou incendiées. Au moins deux (2) femmes sont victimes de viols collectifs. » Ajoute le RNDDH.
« Le RNDDH croit qu’à ce stade, la politique du mutisme du gouvernement de facto n’est plus de mise. Les autorités étatiques doivent des explications à la population haïtienne sur l’intensification de ces attaques armées simultanées et les mesures prises en vue de ramener l’ordre dans le pays en général, et dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite en particulier », a fait valoir la structure de défense des droits humains.
De son côté, le collectif Défenseur plus se montre très critique à l’égard de la communauté internationale, par rapport à son attitude face à la crise haïtienne. « Les Nations unies, qui promeuvent la protection des droits humains dans les pays, ne semblent pas s’inquiéter de la situation actuelle. Ainsi, Haïti, étant un pays en grande difficulté d’insécurité et sans pouvoir étatique légitime, ne peut pas pRotéger la population livrée à elle-même, sans assistance de la communauté internationale», se questionne le collectif.
Plus loin, Défenseurs plus appelle la population haïtienne à s’organiser afin de faire face à la menace des groupes armés tolérés par les autorités gouvernementales et judiciaires. « Il est urgent de prendre en main notre destin de peuple afin de construire une société démocratique et sécuritaire et de contribuer au progrès social et économique du pays », précise-t-il.
Pour sa part, le Groupe de recherches et d’actions médicales et sociales (GRAM+) se dit consterné et face à la recrudescence des actes de violence observés dans le pays. « Par rapport à cette situation, GRAM+ exhorte les groupes armés à respecter les personnels de santé et toutes autres structures humanitaires portant assistance à la population ainsi que les groupes vulnérables tels que les enfants, les femmes enceintes, les personnes à mobilité réduite, les vieillards, les personnes sous médication, etc. »
Cette structure demande aux autorités concernées de prendre des mesures afin d’accompagner et de protéger les familles déplacées, de permettre l’évacuation des personnes à mobilité réduite, d’assurer la disponibilité des médicaments aux personnes sous médication.
Esdra Jeudy
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