Affaire Dorval : huit personnes, dont Martine Moise, citées à comparaitre au cabinet d’instruction
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Le juge d’instruction en charge du dossier de l’assassinat de Maitre Monferrier Dorval, Renord Regis, a convoqué près d’une dizaine de personnalités publiques au cabinet d’instruction. Ces personnalités, dont la Première dame Martine Moise et le conseiller du président Guichard Doré, devraient être entendues entre le 1er et le 21 juin.
Ils sont au nombre de huit ces personnalités publiques citées à comparaitre au cabinet d’instruction dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Me Monferrier Dorval le vendredi 28 août 2020 en sa résidence à Pèlerin 5. La Première dame Martine Moïse, le conseiller du président Guichard Doré, l’ancien Premier ministre Joseph Jouthe, les avocats Guerby Blaise et Reynold Georges, le secrétaire général du barreau de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Robinson Pierre-Louis, et le cousin du défunt, Aramick Louis, sont tous attendus au cabinet d’instruction entre le 1er juin et 21 juin.
Depuis la perpétration de cet acte, de nombreuses personnalités ont fait des déclarations qui prêtent à équivoque, comme celle du président de la République, qui avait déclaré, lors d’une interview accordée à la radio Métropole, que sa femme, Martine Moise, avait eu accès à la vidéo de l’assassinat du bâtonnier, presque en temps réel, soit moins de trois minutes après l’acte crapuleux.
De son côté, l’ancien conseiller du président, Reynold Georges, n’a jamais hésité à accuser, à tort ou à raison, l’administration de Jovenel Moise dans la mort de Monferrier Dorval. 24 heures après le crime, il avait fait une sortie fracassante pour indexer le pouvoir. Il avait mis en cause le corps chargé de la sécurité présidentielle. Pour lui, la zone de résidence du chef de l’État devrait être un espace contrôlé.
Des corps du délit volés au cabinet d’instruction
Le 19 octobre 2020, la disparition des corps du délit de certains dossiers au cabinet d’instruction, dont ceux de l’affaire de l’assassinat de maitre Dorval, a été constatée. Selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans la grande majorité des cas de vol dans les greffes au Palais de justice de Port-au-Prince, aucune trace d’effraction, sur les portes donnant accès aux espaces où étaient gardés ces dossiers, n’a été enregistrée. « Ceci révèle que ces objets ont été subtilisés par des membres du personnel administratif et judiciaire, affectés au Palais de justice de Port-au-Prince, ou avec leur complicité », a indiqué le RNDDH. Le greffier accusé dans l’affaire a décliné toute responsabilité.
Pour les avocats au Barreau de Port-au-Prince, ceux qui ont assassiné Me Monferrier Dorval s’assurent pour que justice ne soit pas rendue en sa faveur. Ils estiment que cela peut entraver le bon déroulement du procès. La bâtonnière, Marie Suzie Legros, a exigé l’ouverture d’une enquête pour fixer les responsabilités concernant la disparition des pièces dudit dossier.
Déjà, l’enquête préliminaire de la DCPJ sur l’assassinat a mis en accusation huit individus. Quatre d’entre eux sont transférés par-devant leur juge.
Woovins St Phard
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