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Le secrétaire général des Nations unies présente son rapport sur Haïti

Le secrétaire général des Nations unies présente son rapport sur Haïti

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Dans un récent rapport, le secrétaire général des Nations unies, via le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), a présenté la situation socio-économique, politique et sécuritaire délétère du pays. Également, dans ce rapport, il fait mention de la défaillance du système judiciaire, le non-respect du droit de la personne et l’hégémonie des groupes armés. « En Haïti, la violence continue de s’intensifier et les autorités de l’État ne parviennent pas à y répondre de manière adéquate. Les bandes s’attaquent à la police et à ses infrastructures. La PNH manque de ressources et se heurte à des obstacles colossaux dans sa lutte visant à empêcher les bandes de resserrer leur emprise sur le pays».

Pour le secrétaire général, la lutte contre la violence des bandes armées doit s’accompagner de progrès concrets dans la résolution de la crise politique, sous peine de voir les institutions haïtiennes continuer à s’éroder et le peuple haïtien, à souffrir davantage. Parallèlement, il a fait savoir que les efforts visant à dégager le consensus le plus large possible et à définir une feuille de route dirigée par le pays en vue de créer les conditions politiques et de sécurité nécessaires à la tenue d’élections et au rétablissement d’institutions démocratiquement élues restent essentiels. À cet effet, il faut espérer que l’installation du Haut Conseil de transition contribuera à générer le consensus nécessaire pour trouver une issue à la crise politique.

 

 

Parallèlement, dans le rapport, il est mentionné que le peuple haïtien reste en proie à l’une des pires crises des droits humains depuis des décennies et à une situation d’urgence humanitaire majeure. Ce, du fait du nombre élevé de morts et de la superficie croissante des zones contrôlées par les bandes armées, l’insécurité dans la capitale a atteint des niveaux comparables à ceux des pays en situation de conflit armé. 

 

« Il est essentiel de faire avancer les réformes pour réduire les niveaux de pauvreté déjà élevés qui ont été encore exacerbés par l’insécurité et l’incapacité à relever les défis structurels liés au développement durable. En ce qui concerne les problèmes économiques structurels, le modèle de développement socioéconomique, peu inclusif, a contribué à accroître les inégalités économiques et à saper les efforts déployés pour progresser sur la voie du développement durable et consolider la paix en Haïti. Pour faciliter la mise en place d’un modèle économique plus inclusif qui contribue à renforcer la cohésion sociale, l’équipe de pays des Nations unies, en collaboration avec le Gouvernement, les partenaires nationaux et internationaux, la société civile, le monde universitaire et le secteur privé, a lancé le 27 février un projet intitulé  « dialogue national pour une économie inclusive et porteuse de paix », financé par le Fonds pour la consolidation de la paix.»

 

 Aussi, les défis en matière d’emploi, de protection sociale et de sécurité alimentaire restent considérables, a-t-il révélé, et à titre d’exemple, 9 000 emplois pourraient être supprimés dans l’industrie de l’habillement d’ici à juin 2023. 

 

Chômage, jeunesse et groupes vulnérables. Suivant le rapport, les perspectives socioéconomiques à court terme d’Haïti restent désastreuses. De même, les progrès économiques réalisés au cours du premier trimestre de l’exercice 2022-2023 ont été ralentis par la faiblesse des institutions de l’État. Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut réel s’est contracté de 1,7 % au cours de l’exercice 2021-2022 et devrait reculer pour la cinquième année consécutive en 2022-2023, de 1,1 %. Il est essentiel de faire avancer les réformes, y compris les réformes fiscales, pour renforcer la gouvernance et jeter les bases d’une croissance économique durable et inclusive, a-t-on indiqué.

 

Droits humains. En ce qui concerne le respect des droits humains, la situation des personnes vivant dans les zones contrôlées par les bandes armées reste tout à fait effroyable. Dans les zones récemment prises pour cible par les bandes, la situation se dégrade radicalement. Entre le 1er janvier et le 15 mars, au moins 531 personnes ont été tuées, 300 blessées et 277 enlevées lors d’incidents liés à des bandes, essentiellement à Port-au-Prince, peut-on lire à titre de rappel. « La situation des habitants de la commune de Cité-Soleil, telle qu’elle est décrite dans un rapport conjoint du BINUH et du Haut-commissariat aux droits de l’homme (HCDH), publié le 10 février, est révélatrice des violences perpétrées à l’égard de nombreux Haïtiens. Depuis le mois de juillet 2022, la commune enregistre régulièrement des meurtres, des dommages corporels et des actes de violence sexuelle perpétrés par des membres de bandes. Des tireurs embusqués, positionnés sur les toits, tirent fréquemment sur des personnes se trouvant dans leur domicile ou dans la rue. Dans le quartier de Brooklyn, à Cité-Soleil, au moins 263 personnes ont été tuées, 285 blessées et 4 ont disparu lors de violences commises par des bandes entre le 8 juillet et le 31 décembre. Cette violence résulte d’affrontements entre bandes motivés par des intérêts politiques, économiques et personnels. L’intervention de la police et l’aide humanitaire sont limitées, tandis que les services publics d’éducation et de santé et les autres services sociaux sont largement absents de ce quartier. Le rapport souligne également l’absence de progrès en ce qui concerne les enquêtes sur les atteintes perpétrées par les bandes à l’égard de la population, ce qui sape encore davantage la confiance de la population dans l’autorité de l’État », révèle le rapport.

 

Outre que les répercussions catastrophiques des activités criminelles sur les droits humains des enfants, les conditions de détention ont continué de se détériorer dans l’ensemble du pays, a souligné le secrétaire général dans son rapport. Ainsi, les efforts visant à les améliorer ont été entravés par le niveau élevé d’insécurité, qui empêche la rotation du personnel pénitentiaire et l’acheminement de fournitures dans les prisons. « Au 31 mars, les établissements pénitentiaires haïtiens abritaient 11 421 détenus, dont 290 femmes, 238 garçons et 12 filles, pour un taux d’occupation global estimé à 285 %. Sur l’ensemble des détenus, 9 507 (83,2 %) étaient en attente de jugement. Ainsi, chaque détenu ne dispose en moyenne que de 0,35 m 2 d’espace vital, un facteur majeur de propagation des infections et des maladies. Au cours de la période considérée, 20 personnes sont décédées en détention, principalement pour cause de malnutrition et d’anémie. », a poursuivi le secrétaire général dans son dernier rapport en date de ce mois en cours sur le dossier d’Haïti.

 

En fin, la mise en place d’un système judiciaire efficace est essentielle pour mettre fin à la corruption et à l’impunité qui alimentent le cycle de la violence. Les coupables, y compris ceux qui soutiennent et financent les bandes, doivent répondre de leurs actes au nom de la loi. La récente nomination de juges appelés à occuper les sièges vacants de la Cour de cassation permet au système judiciaire de rester opérationnel pendant cette période d’instabilité institutionnelle, a-t-il laissé entendre.

 

Vladimir Predvil 

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