Joseph Lambert appelle à la rébellion pour contrer le référendum constitutionnel
Souvent considéré comme un allié du régime en place, le sénateur Joseph Lambert a clairement exprimé son désaccord sur la tenue du referendum constitutionnel prévu pour le 27 juin prochain. Selon le sénateur, le référendum est illégal et il revient au peuple de prendre son destin en main et de stopper ce projet de l’exécutif.
Le pouvoir en place avance à grands pas vers l’organisation du référendum constitutionnel programmé pour le 27 juin prochain. Cette initiative, qui ne trouve pas l’adhésion de l’opposition et d’une large frange de la société civile haïtienne, est très critiquée. Cette fois-ci, c’est au tour du président du Sénat de la République, Joseph Lambert, de porter l’estocade. D’après l’homme qui a été un allié du pouvoir, il faut faire échec au referendum constitutionnel.
Pour le sénateur, la société haïtienne doit assumer ses responsabilités. « Jèn gason, jenn fanm… mete grenn sou nou, epi pou nou afronte referandòm jovenel vle ban nou an », a lâché tout cru le sénateur indigné tout en indiquant que le pays n’appartient pas à Jovenel Moïse et qu’on doit « stopper » cette dynamique du régime au pouvoir.
Dans une conférence tenue le 25 mai 2021 au bureau central du Conseil électoral provisoire (CEP) à Pétion-Ville, Hubert Jean, porte-parole du CEP, a indiqué que les 127 centres de vote du département du Sud-Est ont été évalués. Très remonté contre Jovenel Moïse, M. Lambert a indiqué qu’il n’y aura pas de referendum dans le Sud-Est pendant qu’il met en défi les autorités qui comptent installer des bureaux de vote dans son département. Le sénateur appelle la population à la « rébellion » contre « l’acte illégal » du gouvernement.
« Depuis trop longtemps, les Haïtiens n’ont plus confiance en leur gouvernement et en leur président Jovenel Moïse, incapable de satisfaire les besoins de la population. Que pouvons-nous faire pour faire respecter l’état de droit, la démocratie et le respect des droits de l’Homme en Haïti », se questionnait l’eurodéputée Caroline Roose précisant que la communauté internationale se fait complice du maintien au pouvoir de M. Moïse. « Nous condamnons l’organisation du referendum constitutionnel, le 27 juin voulu par le président Moise, qui lui permettrait de concentrer plus de pouvoir entre ses mains », avait relâché l’eurodéputée après avoir demandé à l’UE de prendre les distances avec M. Moise et son gouvernement.
L’ancien sénateur du département du Nord, Moise Jean-Charles, croit que la communauté internationale (Bureau intégré des Nations unies en Haïti), contre le projet de référendum constitutionnel, est en train de jouer un double jeu. Pour argumenter ses dires, il a fait référence aux 20 millions de dollars du gouvernement haïtien déposé dans le « Basket fund » géré par l’agence des Nations unies « UNOPS ». L’ancien maire dit qu’il reste attaché à la Constitution de 1987 et principalement à l’article 284-3 stipulant : « Toute consultation populaire tendant à modifier la constitution par voie de référendum est formellement interdite ».
Entre temps, le gouvernement met tout en place pour réaliser son projet. Ce mercredi 26 mai 2021, le Conseil électoral Provisoire a tweeté : Haïti / CEP : référendum. Tous les préparatifs vont bon train pour l’organisation du référendum sur le projet de Constitution. À date, le CEP a déjà reçu trois cargaisons de matériels sensibles et non sensibles. Ce, dans la perspective du 27 juin 2021 ».
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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