Haïti / Kidnapping L’insécurité s’étend à des missionnaires américains
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Plusieurs cas d’enlèvements ont été recensés le samedi 16 octobre 2021, parmi lesquels le kidnapping collectif de 17 missionnaires étrangers majoritairement américains. Les bandits continuent d’imposer leur loi dans le pays notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Le 17 octobre, le Premier ministre n’a pas pu se rendre au Pont-Rouge pour la 215e commémoration de l’assassinat de l’empereur Jacques 1er, mis en échec par le gang G9 en famille et alliées.
Parmi les étrangers enlevés le samedi 16 octobre figurent au moins 5 enfants et un Canadien, confirme l’organisme américain Christian Aid Ministries à l’agence France Presse. Présent en Haïti pour aider à la construction d’un orphelinat, ces missionnaires alors qu’ils se rendaient à l’aéroport international Toussaint Louverture ont été enlevés sur la Nationale numéro 8, à proximité de Ganthier. Un acte qui a été attribué au gang 400 mawozo qui sévit au niveau de la Croix-des-Bouquets.
L’escalade de l’insécurité a également fait deux victimes dans les rangs de la Police nationale d’Haïti. En effet, Étienne Frantz Pierre Richard, un agent de la Brigade de lutte contre les stupéfiants (BLTS), une unité spécialisée de la Police nationale, a été tué tandis que son frère d’armes Israël Dimitri, a été blessé, dans des affrontements avec des bandits armés. Les victimes faisaient partie d’une patrouille policière qui tentait de s’opposer au kidnapping du professeur Patrice Dérénoncourt. Une situation qui avait créé une vive tension à la ruelle Alerte notamment où des tirs nourris étaient entendus obligeant. Les passants et les résidents à se réfugier à l’intérieur des domiciles pour ne pas être victimes. Le rapt a été effectué par des hommes lourdement armés circulant à bord d’un véhicule aux vitres teintées. La patrouille policière n’a finalement pas pu empêcher l’enlèvement du professeur.
L’État haïtien, notamment la PNH, semble débordé par la recrudescence de l’insécurité dans le pays. En effet, selon le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme (CARDH), plus de 600 cas d’enlèvements ont été recensés lors des trois premiers trimestres de 2021 contre 231 en 2020 à la même période. Selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), dans un rapport publié le mois dernier, 328 personnes ont été séquestrées durant les 8 premiers mois de 2021 contre 234 en 2020. Si les autorités ont demandé l’expertise et l’aide du gouvernement américain en Haïti par l’envoi de troupes américaines sur le territoire, la réponse de la Maison-Blanche a été négative.
L’enlèvement des missionnaires a donc eu lieu après la visite de la sous-secrétaire d’État des États-Unis, Uzra Zeya qui a séjourné dans le pays les 12 et 14 octobre. Celle-ci s’est prononcée en faveur de la prorogation du mandat du BINUH. L’émissaire américain a également promis, entre autres, le renforcement de la Police communautaire, du service de renseignement ajoutant toutefois qu'il est vital de démanteler les gangs armés qui terrorisent la population.
Cependant, la police est constamment en déroute face aux gangs armés. Le 17 octobre, le Premier ministre Ariel Henry, accompagné du DG de la PNH, Leon Charles, n’a pas pu se rendre au Pont Rouge pour commémorer les 215 ans de l’assassinat de Jean Jacques Dessalines. En effet, des tirs nourris ont obligé la délégation, qui devait se rendre dans ce lieu historique, à rebrousser chemin. Ariel Henry s’est contenté de déposer une gerbe de fleurs au Musée du panthéon national haïtien (MUPANAH).
Geneviève Rose Murdith Joseph
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